Audition Castaner : échange tendu entre le ministre et deux sénateurs
Alors que l’audition arrivait à son terme, le président de la commission des lois du Sénat a choisi de regrouper les questions par deux. Et Christophe Castaner n’a pas vraiment apprécié celles de la sénatrice écologiste, Esther Benbassa et de François Bonhomme, sénateur LR.

Audition Castaner : échange tendu entre le ministre et deux sénateurs

Alors que l’audition arrivait à son terme, le président de la commission des lois du Sénat a choisi de regrouper les questions par deux. Et Christophe Castaner n’a pas vraiment apprécié celles de la sénatrice écologiste, Esther Benbassa et de François Bonhomme, sénateur LR.
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C’est d’abord le sénateur LR François Bonhomme qui a voulu s’assurer que le ministre de l’Intérieur « prenait bien la mesure de la difficulté » des forces de l’ordre. Le sénateur fait ici référence aux propos tenus par Christophe Castaner devant la commission des lois où il a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’accepterait pas « un procès en échec » par rapport aux évènements du 1er décembre.

« Il n’empêche qu’il y a eu un précédent et il n’y a pas eu d’adaptation numérique des effectifs, ni technique » estime le sénateur en référence à la journée du 24 novembre.

Puis, la sénatrice écologiste, Esther Benbassa prend à son tour la parole. « Il semble évident qu’il y a eu des carences pour pallier les violences (…) Est-ce que nos forces de l’ordre sont formées à la guérilla urbaine ? (…) Ne pensez-vous pas qu’il convient d’élargir le spectre des réponses apportées aux revendications des gilets jaunes et ne pas se contenter de maigres déclarations comme ce matin ? ». Enfin, Esther Benbassa veut savoir s’il y avait bien « des policiers déguisés en casseurs ».

Audition de Castaner: questions de François Bonhomme et Esther Benbassa
04:11

« Si vous voulez qu’on se fouette le dos autour du mot échec, on peut le faire »

« M. Bonhomme (…) si vous voulez que je dise : oui, les forces ont été en échec. Oui, c’est mal, ils ont mal travaillé. Je ne le dirai jamais (…) Si vous voulez qu’on se fouette le dos autour du mot échec, on peut le faire » a répondu Christophe Castaner passablement agacé par l’interprétation des évènements du sénateur ». Le ministre de l’Intérieur ajoute qu’il y a bien eu une adaptation numérique et un renforcement des effectifs des forces de l’ordre du samedi 24 novembre au samedi 1er décembre. « Est-ce que c’est satisfaisant ? Évidemment non. Mais vous avez certainement la capacité à deviner, à organiser les forces de l’ordre (…) Moi je dois avoir la modestie de n’être que ce que je suis » a-t-il ironisé.

« On peut regretter d’avoir assumé : plus de cannabis, moins de police »

À Esther Benbassa, Christophe Castaner répond : « Peut-être qu’au moment où on parle, on peut regretter d’avoir assumé : plus de cannabis, moins de police. Moi je crois que plus de police est aujourd’hui indispensable ». Le ministre fait ici référence à une photo de la sénatrice prise lors d’une manifestation en mai dernier en faveur de la légalisation du cannabis. Esther Benbassa a déposé une proposition de loi pour la légalisation contrôlée du cannabis.

« Je ne vois pas le rapport. Répondez à la question » lui rétorque la sénatrice. « Comprenez que ce slogan a pu heurter nos forces de l’ordre et le ministre que je suis » explique Christophe Castaner.

Il ajoute « qu’il est favorable à ce que les policiers puissent être en civil parmi les manifestants et qui contribuent aux interpellations. Si ce n’était pas le cas, nous aurions une faute stratégique » estime-t-il avant de conclure « Il n’y a pas de policiers déguisés, il y a des policiers qui font leur travail ».

 

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