Gilets jaunes : Le Rassemblement National sort grand gagnant dans un sondage
Selon un sondage Ifop-Fiducial, le Rassemblement National est le parti qui incarne le mieux l’opposition. Une première depuis mai 2017. Jusqu’au mois dernier, cette position était dévolue à La France Insoumise.

Gilets jaunes : Le Rassemblement National sort grand gagnant dans un sondage

Selon un sondage Ifop-Fiducial, le Rassemblement National est le parti qui incarne le mieux l’opposition. Une première depuis mai 2017. Jusqu’au mois dernier, cette position était dévolue à La France Insoumise.
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Oublié le débat raté d’entre les deux tours de l’élection présidentielle ? Un sondage IFOP-Fiducial place, pour la première fois depuis le début du quinquennat, la formation de Marine Le Pen comme le parti qui incarne le mieux l’opposition aux yeux des Français. Une opinion partagée par 35% des sondés. Le Rassemblement National enregistre surtout une progression constante depuis l’été dernier, 13 points depuis 5 mois.

Inversion des courbes entre LFI et le RN

Le grand perdant, en ce début d’année, est la France Insoumise. En effet, selon « le tableau de bord politique » d’IFOP-Fiducial, LFI caracole en tête parmi les partis d’opposition de mai 2017 jusqu’en décembre 2018. Il chute de 12 points en quatre mois pour se retrouver en ce mois janvier derrière le RN. Plus que 30% des personnes interrogées considèrent désormais que la formation de Jean-Luc Mélenchon incarne le mieux l’opposition au chef de l’État, devant les Républicains (23%) et le Parti socialiste (10%).

« Je ne pense pas que porter Éric Drouet en héros était des plus judicieux »

Est-ce à penser que les cadres de la France Insoumise payent dans l’opinion leur attitude face à la crise des gilets jaunes ? Dernier exemple en date, Jean-Luc Mélenchon raillant sur Twitter l’intrusion violente au ministère du porte-parole du gouvernement, d’un groupe arborant des gilets jaunes. « La gauche est divisée et n’est pas capable d’apporter une réponse collective à la crise que nous traversons. Les Français ont besoin d’un projet clair et précis sur l’écologie et la justice sociale. À défaut, c’est l’extrême droite qui en récolte les fruits. En ce qui concerne Jean-Luc Mélenchon, je ne pense pas que porter Éric Drouet (gilet jaune NDLR) en héros était des plus judicieux » commente la sénatrice écologiste, Esther Benbassa membre du groupe CRCE (groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste).

Thierry Mariani rejoint le RN

Du côté des Républicains, on ne souhaite pas vraiment s’attarder sur le ralliement de Thierry Mariani au Rassemblement National. L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy a quitté LR mardi pour rejoindre aujourd’hui (avec un autre ancien UMP, Jean-Paul Garraud) la liste RN aux élections européennes. « Nous aurions dû l’exclure du parti il y a un an quand il demandait une alliance avec le FN. Aujourd’hui, ça éviterait à certains de parler de prise de guerre » regrette le sénateur LR du Nord, Marc-Philippe Daubresse.

« Peut-être nous sommes nous trop attardés sur le thème de l’immigration »

Depuis qu’il a pris la tête du parti, Laurent Wauquiez peine à trouver sa stratégie pour figurer comme principal opposant à Emmanuel Macron. Un sondage BVA le place même en cinquième position des personnalités politiques parmi les sympathisants de droite. Dans une tribune publiée par l’Opinion, 22 élus LR demandent, ce mercredi, la fin du « Wauquiez bashing » « organisé par certains qui se disent de droite et sont même restés aux Républicains » écrivent-ils. « Peut-être nous sommes nous trop attardés sur le thème de l’immigration, alors que nous sommes plus légitimes sur la baisse de la dépense publique, la hausse du pouvoir d’achat ou encore sur l’autorité de l’État » estime Marc-Philippe Daubresse avant d’ajouter. « Avec l’amateurisme du pouvoir actuel, on aurait dû récupérer des points auprès de l’électorat modéré ».

Pour le sénateur LR de la Haute-Saône, Alain Joyandet, « sur le fond, si on regarde tout ce qui a été fait depuis que Laurent Wauquiez a été élu président des Républicains, on est dans le bon tempo. La question qui se pose, c’est pourquoi n’arrive-t-on pas à être plus audible ? Il va falloir qu’on en discute entre nous. N’oublions pas quand même que notre parti est encore en rémission après la débâcle de la Présidentielle ». À l’approche des élections européennes, le nom du professeur de philosophie, François Xavier Bellamy circule dans les rangs de LR pour prendre la tête de liste, mais n'a pas la faveur du président du Sénat, Gérard Larcher et d’autres cadres de la rue de Vaugirard.

Emmanuel Macron en hausse dans les sondages

Enfin, dernier élément de l’étude d’opinion Ifop-Fiducial, réalisée les 3 et 4 janvier, le couple exécutif stoppe sa chute dans la confiance des Français. 28% des Français approuvent l’action d’Emmanuel Macron (plus 5 points) et 33% celle d’Édouard Philippe (plus 7 points). « Les seniors craignent une déstabilisation de l’État. Dans ce contexte, ils voient dans le président de la République une valeur refuge. Je note aussi que dans cette étude parmi les sujets de conversation des Français figure l’attentat de Strasbourg. Sur ce sujet de la menace terroriste aussi, l’exécutif ne faillit pas » analyse le sénateur LREM, André Gattolin.

 

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