L'ancien président socialiste français François Hollande a défini jeudi à Athènes l'Europe "de l'avant", plus efficace, qu'il souhaite pour commencer autour d'un noyau composé de la France et de l'Allemagne.
Devant un parterre de jeunes francophones réunis à l'Institut français, l'ancien président de la République française a constaté que le système de vote à l'unanimité dans l'UE "fait que l'Europe à 27 est de plus en plus difficile à diriger et à gouverner", alors même que "la mondialisation suscite par ses excès et ses injustices, un retour vers les nations", et le nationalisme.
Appelant à six mois des élections européennes à ne pas commettre "l'erreur" d'essayer de refaire un grand traité européen, il a estimé qu'il faut "qu'à 27 de nouvelles priorités soient fixées", notamment sur l'écologie, les industries technologiques, les GAFA, les migrations, ou la sécurité.
"Mais je ne suis pas sûr qu'on arrivera à convaincre les 27", a-t-il ajouté. C'est pourquoi selon lui "il faudra une nouvelle démarche consistant à garder l'Europe à 27, mais aussi à constituer une Europe de l'avant, qui voudra aller beaucoup plus loin et de manière volontaire".
Cela passe "par un accord entre la France et l'Allemagne au moins dans une première étape", sur leurs objectifs communs, "et une fois qu'on s'est mis au clair il faut associer avec la même méthode les pays qui veulent créer cette Europe de l'avant".
Il a prédit qu'ils "ne seront pas si nombreux", mais que la Grèce en fera partie.
L'ancien président de la République français François Hollande, au camp de réfugiés Eleonas, à Athènes, le 15 novembre 2018
AFP
Puis on mettra de "grands sujets, l'écologie et l'environnement sur lesquels il faut en faire beaucoup plus que les 27, les industries d'avenir, puis les convergences sociales, les harmonisations fiscales, et enfin, si nous le pouvons, faire une Europe de la défense à quelques pays".
"C'est ainsi qu'on redonnera du souffle et de l'espoir" a estimé M. Hollande.
Interrogé sur ce qui avait changé depuis son départ de l'Elysée, et sur son regain de popularité, M. Hollande a estimé que "l'Europe s'est enrayée avec la montée des populismes et le retour de l'égoïsme, l'élection de Trump n'étant pas indifférente à ce mouvement".
"Les Français ont peut être davantage regardé mes résultats", "considérant sans doute différemment ce que j'avais appelé la présidence normale, ou plutôt humaine", "et sur la justice fiscale, les comparaisons ont pu jouer", a estimé l'ancien président, se gardant toutefois d'attaquer frontalement son successeur Emmanuel Macron.
Il s'est aussi rendu jeudi au camp de réfugiés d'Eleonas dans Athènes, inaugurant une Ideas Box, les médiathèques en kit dessinées par Philippe Starck.
Il devait dîner jeudi soir avec le président grec Prokopis Pavlopoulos avant une rencontre vendredi avec le Premier ministre Alexis Tsipras.
Le premier ministre a mis sur la table une série de concessions, qui s’adressent surtout au PS, sur le budget. Mais « sur la partie recettes, je reste fortement sur ma faim », pointe le président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner, qui attend des précisions d’ici mardi, notamment sur la taxation des grandes entreprises et des hauts revenus.
Le Premier ministre espère toujours parvenir à un compromis avec les principales forces politiques sur le budget. Il a présenté ce vendredi 16 janvier les mesures clefs d’une nouvelle version du projet de loi de finances, issues de ses échanges avec les forces du bloc central et une partie des oppositions.
Après la signature prévue samedi au Paraguay entre les pays latino-américains du Mercosur et l’Union européenne, les députés européens se prononceront mercredi sur l’opportunité de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne contre cet accord controversé. Si la Commission européenne s’est engagée à suspendre l’application provisoire du traité en cas de vote de la résolution, rien pourtant ne l’y oblige.
D’ici la fin de la journée, le Premier ministre présentera des pistes de compromis pour tenter de construire un accord sur le budget. Une dernière tentative pour convaincre le PS de ne pas censurer le gouvernement.