Evacuation d’un campement de migrants insalubre dans le nord de Paris
Une opération d'évacuation d'un campement de migrants dans le nord de Paris, où plusieurs centaines de personnes vivaient dans...

Evacuation d’un campement de migrants insalubre dans le nord de Paris

Une opération d'évacuation d'un campement de migrants dans le nord de Paris, où plusieurs centaines de personnes vivaient dans...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Une opération d'évacuation d'un campement de migrants dans le nord de Paris, où plusieurs centaines de personnes vivaient dans des conditions très insalubres, s'est déroulée mardi matin pour les mettre à l'abri, a constaté l'AFP.

Le premier autobus est arrivé vers 08H30 pour évacuer les migrants que la police tentait de faire asseoir sur le trottoir afin de faciliter le bon déroulement de cette opération qui ne se veut pas une évacuation classique mais plutôt une maraude de mise à l'abri.

"299 personnes ont été mises a l'abri", a indiqué sur place, porte de la Chapelle, Bruno André, le directeur de cabinet de la préfecture de région, en précisant que "certaines personnes ont choisi de ne pas monter dans les bus". Environ 400 places avaient été mobilisées dans des gymnases en Ile-de-France.

Les migrants ont été orientés vers ces gymnases où leur situation sanitaire et administrative sera examinée, a-t-il ajouté.

Philip, un Erythréen, a expliqué pourquoi il n'a pas voulu monter dans l'autobus: "J'ai mes empreintes en Italie, je ne veux pas être expulsé".

"Je suis en France depuis un an, moi j'ai mes empreintes en Suède et si je suis en Suède ils vont me renvoyer en Afghanistan", confiait pour sa part un autre migrant, Daj. "Je préfère dormir dehors même s'il fait froid", a-t-il ajouté en montrant sa tente sous l'autoroute.

Avant le début de l'évacuation, les forces de l'ordre avaient éteint le feu de camp allumé à l'entrée du campement. Plusieurs centaines de migrants attendaient debout dans le calme au milieu des tentes.

Moussa, 30 ans, dort ici depuis deux semaines, mais ce réfugié qui a obtenu une carte de séjour il y a deux ans connaît la rue depuis cette époque.

"J'ai demandé pour une formation, un appartement. On me dit qu'il n'y a rien pour moi", se désole-t-il, en attendant un "transfert" vers un lieu inconnu. Sans acrimonie, il décrit un campement "où on a froid, où tout est sale".

Ahmad, un Afghan de 29 ans, a déjà déposé sa demande d'asile mais il dort ici "depuis 45 jours". Il a aussi hâte de partir: "Ce n'est pas sûr ici, les gens sont ivres, ils se battent pour l'argent", raconte ce père de famille qui a fui l'Afghanistan "parce que ce n'est pas une vie là bas, j'ai vu des gens mourir, je veux autre chose pour mes enfants".

Omar, 26 ans, a lui déjà connu des mises à l'abri, mais "après quelques nuits dans le gymnase on m'a mis dehors", témoigne dans un français parfait ce jeune Soudanais qui a déjà été évacué du campement voisin de Saint-Denis.

L'État s'apprête à intensifier les opérations de ce type dans les semaines à venir pour résorber les campements dans lesquels plus de 2.000 personnes vivent dans le nord de la capitale.

Partager cet article

Dans la même thématique

Evacuation d’un campement de migrants insalubre dans le nord de Paris
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

Evacuation d’un campement de migrants insalubre dans le nord de Paris
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Evacuation d’un campement de migrants insalubre dans le nord de Paris
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le