« Gilets jaunes »: Pénicaud défend « des réponses concrètes », « trompe-l’oeil » pour PCF et LFI
La ministre du Travail Muriel Pénicaud a défendu jeudi devant l'Assemblée nationale son projet de loi apportant "des réponses...

« Gilets jaunes »: Pénicaud défend « des réponses concrètes », « trompe-l’oeil » pour PCF et LFI

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a défendu jeudi devant l'Assemblée nationale son projet de loi apportant "des réponses...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a défendu jeudi devant l'Assemblée nationale son projet de loi apportant "des réponses rapides, fortes et concrètes" à la crise des "gilets jaunes", "condition d'un apaisement" même si "cela ne suffira pas".

Ces mesures sont un "trompe-l’œil", a dénoncé la gauche de la gauche qui a défendu en vain deux motions préalables.

Heures supplémentaires défiscalisées, exonération élargie de hausse de CSG pour des retraités, et encore possibilité pour les entreprises de verser une "prime exceptionnelle" exonérée de toute charge sociale et d'impôt sur le revenu: Mme Pénicaud, présente aux côtés de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, a présenté devant une centaine de députés le projet de loi portant "mesures d'urgence économiques et sociales", qui devrait être adopté dans la soirée.

La "colère" exprimée par les "gilets jaunes" n'est "pas née aujourd'hui" et "ce désespoir des vies empêchées, nous l'avons fortement entendu", a assuré la ministre du Travail, qui a aussi promu les "transformations systémiques" engagées par Emmanuel Macron et Édouard Philippe.

"Sans ces réformes ambitieuses, comment rompre avec la résignation de ces dernières années?", a-t-elle interrogé.

"Au-delà de ces mesures d'urgence, nous devons prolonger cet apaisement en régénérant notre bien commun, très secoué ces dernière semaines, la démocratie. C'est l'objet du grand débat national" et "je vous invite tous à y participer massivement", a-t-elle lancé aussi aux parlementaires.

"Vous pensez que vous allez régler le problème avec quatre mesures et un grand débat (...) il ne vous restera qu'à croiser les doigts pour que les gens s'en contentent", a répondu le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, lançant: "Vous allez avoir Noël aux ronds-points".

Le pays s'est inscrit "dans un processus de révolution citoyenne", juge l'élu des Bouches-du-Rhône, qui assume d'être comparé à "Robespierre", comme lui a signifié un député.

Le communiste Pierre Dharréville a fustigé un texte qui vire à la "séance de recollage de morceaux" mais "il en manque" pour "répondre à une colère sociale". "Votre projet de loi répond à la règle des trois E: embrouille, entourloupe et emberlificotage", a-t-il raillé.

Les oppositions ont, d'entrée de jeu, enchaîné les rappels au règlement, déplorant de ne pouvoir défendre certains de leurs amendements jugés comme des "cavaliers" et donc irrecevables. Il en reste 239, dont près de la moitié de députés LR, qui doivent être discutés.

Partager cet article

Dans la même thématique

« Gilets jaunes »: Pénicaud défend « des réponses concrètes », « trompe-l’oeil » pour PCF et LFI
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le