Édouard Philippe a reçu vendredi une grande partie des syndicats, sans leur donner de précisions sur l'organisation du grand débat national attendu la semaine prochaine, puis des représentants du secteur associatif, sur fond de crise des "gilets jaunes".
Le Premier ministre doit également, d'ici à lundi, s'entretenir de visu ou au téléphone avec les représentants des associations d'élus, a précisé Matignon. Il doit s'exprimer lundi pour préciser les contours de ce grand débat.
Chez les syndicats, ni le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez ni les représentants de Solidaires ne se sont rendus à Matignon où leurs homologues ont été reçus par le Premier ministre, la ministre du Travail Muriel Pénicaud et la secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique, Emmanuelle Wargon.
Étaient en revanche présents Laurent Berger (CFDT), Yves Veyrier (FO), Patrick Martin (Medef), François Hommeril (CFE-CGC), Alain Griset (Union des entreprises de proximité), Jean-Lou Blachier (CPME), Luc Bérille (Unsa), Philippe Louis (CFTC), Catherine Lion (FNSEA), Sébastien Darrigand (UDES) et Paul Devin (FSU).
Le président de la CFTC Philippe Louis (c) fait une déclaration à la presse à l'issue de la réunion à Matignon, le 11 janvier 2019 à Paris
AFP
Les représentants reçus n'ont eu "aucune précision" sur l'organisation du débat, a indiqué à la sortie François Hommeril (CFE-CGC).
"Nous ne sommes pas organisateurs ou co-organisateurs", "nous n'avons nullement l'intention de nous faire instrumentaliser, pas plus que nous n'avons l'intention d'instrumentaliser qui que ce soit", a de son côté déclaré Yves Veyrier (FO).
Laurent Berger (CFDT) a dit souhaiter "que ce débat soit totalement indépendant, qu'il ne soit pas forcément dirigé par le gouvernement".
"Il faut que ce débat serve à quelque chose", a insisté M. Berger qui prône ensuite "une sorte de Grenelle du pouvoir de vivre" qui reprendrait des propositions issues du débat, "pourquoi pas avec des formules innovantes telles que des jurys citoyens".
Pour François Hommeril, "la vraie nature du problème, c'est le pouvoir d'achat. (...) Or le grand débat, c'est bien qu'il ait lieu, mais il ne règlera pas ce problème de fond".
Le Premier ministre a ensuite reçu des représentants d'une trentaine d'associations, parmi lesquelles la Ligue de l'enseignement, Les Restos du coeur, la Croix-Rouge, la Fondation Abbé Pierre.
Ce débat doit débuter la semaine prochaine alors que les "gilets jaunes" préparent de nouveaux rassemblements samedi à travers la France.
Emmanuel Macron doit adresser une "lettre aux Français" avant d'effectuer un premier déplacement mardi dans l'Eure pour lancer la consultation.
Beaucoup de points restent à régler, en particulier le pilotage de ce débat après la démission soudaine mardi soir de Chantal Jouanno, la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), après la polémique suscitée par son salaire mensuel brut de 14.666 euros.
"Ça ne change rien. Le débat, il est prêt", assure un conseiller de l'exécutif.
Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.
En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.
Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».