Hollande tacle Macron: « A vouloir tout bousculer, tout s’est arrêté »
L'ancien président François Hollande, qui publie une édition augmentée de son livre "Les leçons du pouvoir", tacle sèchement...

Hollande tacle Macron: « A vouloir tout bousculer, tout s’est arrêté »

L'ancien président François Hollande, qui publie une édition augmentée de son livre "Les leçons du pouvoir", tacle sèchement...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'ancien président François Hollande, qui publie une édition augmentée de son livre "Les leçons du pouvoir", tacle sèchement dimanche son successeur Emmanuel Macron dans une interview au Parisien.

"Diriger la France, je l’ai éprouvé, est un exercice difficile qui suppose de bien comprendre notre pays. Le résultat au bout de deux ans n’est bon ni pour la vitalité économique, ni pour la cohésion sociale", affirme M. Hollande.

"À vouloir tout bousculer, tout s'est arrêté", poursuit-il: "Mais un mandat dure cinq ans, évitons de porter des jugements définitifs. Tout président peut toujours opérer des corrections, moi-même, j’en ai fait. Pour ma part, si j’interviens à l’occasion de la nouvelle édition de mon livre, c’est pour alerter".

Pour l'ancien chef d'Etat, "les partis de gouvernement qui ont animé le débat démocratique pendant des décennies doivent prendre conscience de leur responsabilité" et "être de nouveau des alternatives crédibles et mobilisatrices, sinon le face-à-face entre le pouvoir actuel et l’extrême droite peut mal finir".

- "Menace" de l'extrême droite -

Ne "confond(ant) pas" l'extrême-droite et la France insoumise, M. Hollande met en garde: "La menace vient de l’extrême droite. Je l’affirme, un jour elle arrivera au pouvoir en France. En 2022 ou plus tard si l’on ne fait rien…". "C'est un danger, ça n'est pas une fatalité. Ca dépend de nous", a précisé M. Hollande, dans un message transmis à l'AFP.

Interrogé sur ce qu'il aurait fait s'il avait été confronté à une crise telle que celle des "gilets jaunes" durant son mandat (2012-2017), M. Hollande rappelle la fronde fiscale des bonnets rouges qu'il avait subie en 2013.

Il saisit l'occasion d'enfoncer le clou contre Emmanuel Macron, qui fut son conseiller avant de devenir son ministre de l'Economie: "L’écotaxe dont j’avais hérité de mon prédécesseur n’était pas comprise, dans ses modalités comme dans sa gestion par un opérateur privé. J’ai donc pris la décision de la suspendre. Le recul est parfois préférable à l’entêtement. Ça m’a été reproché par certains à cette époque. Je constate que le gouvernement actuel a battu en retraite. Mais trois semaines trop tard."

"Un ancien président ne devrait pas dire ça", a réagi la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa sur BFMTV, dans une allusion au livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, qui a fragilisé M. Hollande à la fin de son quinquennat. "Je crois que ce n'est pas à la hauteur de la fonction d'un ancien président de la République", a-t-elle fustigé.

Le livre "Les leçons du pouvoir", dont 150.000 exemplaires ont déjà été vendus, sera publié mercredi en édition de poche, avec trois nouveaux chapitres, dont un aborde le mouvement des "gilets jaunes".

M. Hollande y affirme notamment sa volonté de "contribuer à (la) renaissance" de la sociale-démocratie "dans les mois et années à venir", et critique la stratégie mise en oeuvre par le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure. "A chercher à tout prix le rassemblement avant de poser clairement la question de leur identité, les socialistes perdent un temps précieux pour formuler leur nouveau projet et réaffirmer leur volonté de gouverner un jour le pays en tirant les leçons des erreurs d'hier", cingle-t-il.

Il y esquisse de nouvelles idées, proposant notamment pour mettre en oeuvre la transition écologique "un triptyque (...): planification, nationalisation et autogestion".

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Affaire Lyhanna : après un rapport accablant de l'inspection, la responsabilité politique est-elle écartée ?

L'inspection générale de la gendarmerie nationale et de la justice déclenchée par la mort de la jeune Lyhanna a pointé, ce lundi, une série de dysfonctionnements suite au dépôt de plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans déposée en août 2025 contre Jérôme Barella. Sébastien Lecornu indique que « la puissance publique ne se défaussera pas » face à « une vérité d'une extrême gravité » et promet des mesures, sans évoquer la proposition de « loi intégrale » sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

France Extreme Weather Heat
8min

Politique

Canicule : le congé climatique fait monter la température politique

Face à une nouvelle vague de chaleur, les Écologistes proposent la création d’un « congé climatique » de cinq jours par an. Une mesure qui est déjà mise en place en Espagne depuis 2024. Entre urgence sanitaire, coût économique et adaptation de la société, la mesure attise les débats bien au-delà du thermomètre.

Le

The left-wing groups give a press conference on Bill of Finance
6min

Politique

Sénatoriales 2026 : les communistes visent « la stabilité », voire gagner des sièges « si toutes les planètes sont alignées »

Avec seulement 4 sénateurs renouvelables sur 18, le groupe CRCE-K (communiste) du Sénat aborde les élections sénatoriales de septembre prochain avec une certaine sérénité. Il espère conserver les sièges de ses quatre sortants. C’est surtout le scrutin de 2029, où 14 siègent seront remis en jeu, qui s’annonce plus ardu.

Le

Lyhanna Case – Funerals and Last Tribute.
4min

Politique

Affaire Lyhanna : « Pertes de temps, défaillances et absence de suivi de procédure », pointe le  pré-rapport d’inspection

Trois semaines après la découverte du corps de la jeune Lyhanna, l'inspection générale de la gendarmerie nationale et de la justice a présenté un premier rapport destiné à faire la lumière sur les dysfonctionnements et les erreurs individuelles qui ont conduit à cette affaire qui a ému la France entière. Devant la presse, les deux inspecteurs généraux de la justice et de la gendarmerie, ont confirmé que la plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans déposée en août 2025 contre Jérôme Barella n'avait « pas été traitée comme une procédure prioritaire », par les services d'enquête et le parquet du Gers.

Le