Le Parlement vote une extension de l’usage des caméras-piétons
L'utilisation des caméras-piétons va être élargie à titre expérimental aux pompiers et surveillants de prison mais aussi...

Le Parlement vote une extension de l’usage des caméras-piétons

L'utilisation des caméras-piétons va être élargie à titre expérimental aux pompiers et surveillants de prison mais aussi...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L'utilisation des caméras-piétons va être élargie à titre expérimental aux pompiers et surveillants de prison mais aussi pérennisée pour la police municipale, en vertu d'une proposition de loi adoptée lundi au Parlement, avec un vote de l'Assemblée conforme à celui du Sénat.

Le texte du sénateur Jean-Pierre Decool (Les Indépendants), présent en tribune, a été adopté par 54 voix pour, aucune contre.

Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur, a réaffirmé son soutien principalement pour la police municipale. L’enregistrement des interventions des policiers municipaux via des caméras individuelles n'est plus autorisé par la loi depuis début juin et la fin de l'expérimentation lancée en 2016.

Or le ministère évoque un bilan "très positif" de l'expérimentation dans plus de 300 communes de ces caméras-piétons, censées améliorer les rapports entre les forces de l'ordre et la population et déjà utilisées dans la police nationale et la gendarmerie notamment. Il considère aussi que cela s'inscrit dans la démarche initiée avec le lancement de la police de sécurité du quotidien.

Mme Gourault est apparue plus réservée concernant les pompiers, notamment pour des raisons de respect de la vie privée des personnes pouvant être filmées. Elle s'en est remise à la sagesse des députés pour cette expérimentation pendant trois ans, et a considéré que "certains correctifs pourront être apportés dans les meilleurs délais après le démarrage des expérimentations".

Pour la rapporteure Alice Thourot (LREM), le texte est "équilibré", avec "des conditions encadrées et respectueuses des libertés", "outil supplémentaire" pour les intéressés et "garantie de bon déroulement des interventions" pour les citoyens. MoDem et UDI-Agir ont renchéri.

Les enregistrements seront conservés six mois, sauf s'ils sont utilisés dans une procédure judiciaire, administrative ou disciplinaire. La droite aurait souhaité un an.

Mais "pourquoi s'emballer à vouloir continuer dans la police municipale et étendre l'expérimentaion pour les sapeurs-pompiers et les surveillants pénitentiaires alors qu'il n'y a pas de recul scientifique" sur son impact, a objecté Ugo Bernalicis (LFI), porteur d'une motion de renvoi en commission. Il s'est aussi interrogé sur le "lobby" de "l'industie de la sécurité".

"A l'idéologie et à la théorie, je vous opposerai le principe de réalité, les agents sur le terrain demandent à utiliser les caméras mobiles", a répliqué Mme Thourot.

LFI a échoué à faire voter l'élaboration d'une doctrine d'emploi de ces caméras, une expérimentation d'un enregistrement permanent des policiers et gendarmes les utilisant ou du récipissé de contrôle d'identité.

LR, qui a vu dans ce texte "une première réponse" mais "pas une solution miracle" selon Virginie Duby-Muller, a tenté d'élargir le dispositif à tout le personnel pénitentiaire ou aux militaires de Sentinelle entre autres, mais aussi d'assouplir les conditions d'information des personnes enregistrées.

Le PS, pour une proposition répondant à "un besoin réel", a invité, par la voix de Joaquim Pueyo, à renforcer le contrôle autour des images et relayé diverses remarques de la Cnil.

S'il a voté pour, le groupe communiste a soulevé plusieurs questions. Les forces de l'ordre ont seules "la possibilité d'allumer ou d'éteindre la caméra quand elles le souhaitent", "limite au rétablissement du lien de confiance avec la population", a notamment jugé Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis.

Il a aussi défendu un mois maximum après la fin de la procédure pour la conservation des enregistrements utilisés à des fins de preuve.

Partager cet article

Dans la même thématique

Edouard Philippe Holds A Politic Meeting
10min

Politique

Présidentielle : pour son premier meeting, Edouard Philippe joue la carte du bon père de famille qui veut préparer « l’avenir » de nos enfants

Devant environ 5.000 personnes, Edouard Philippe a réussi son pari de mobiliser pour son premier grand meeting de campagne. Montrant un peu plus de sa personne, le candidat entend « baisser les dépenses » et promet « des efforts justes », tout en récusant l’idée du « sang et de larmes ». Il veut entièrement « repenser » l’école, en donnant plus de liberté aux établissements et en réduisant les grandes vacances.

Le

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal
6min

Politique

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal

Le candidat de Renaissance à l’élection présidentielle joue cartes sur tables en dévoilant de premières propositions pour mettre fin à la dérive des comptes publics, citant par exemple la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires, ce qu’il avait refusé trois ans et demi plus tôt au Sénat.

Le

CANIS LUPUS
10min

Politique

Gestion de l’eau, pesticides, prédation du loup… Ce que contient le projet de loi d’urgence agricole adopté par le Sénat

Le Sénat a adopté le projet de loi d'urgence agricole, après l’avoir profondément durci sous l’impulsion de sa majorité de droite et du centre. Le texte multiplie les concessions au monde agricole, de la réintroduction dérogatoire de certains pesticides au doublement des capacités de stockage en eau, ce que la gauche n’a pas manqué de dénoncer. Tour d’horizon des principales dispositions du texte.

Le

France, Pyrenees-Orientales, July 2, 2026: Wildfire between Canet-en-Roussillon and Sainte-Marie-la-Mer
7min

Politique

Incendies : « Il faut arrêter avec l’idée de l’État nounou. La responsabilité individuelle est essentielle », alerte la sénatrice Lauriane Josende

Le violent incendie qui a frappé jeudi Sainte-Marie-la-Mer et Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) a entraîné l’évacuation de près de 3 000 personnes et détruit des centaines de bungalows dans plusieurs campings. Si le feu est désormais maîtrisé, les autorités redoutent une saison des incendies particulièrement intense, sur fond de canicule et de sécheresse persistante.

Le