Santé : Agnès Buzyn ouvre la porte au cannabis thérapeutique
La ministre de la Santé a laissé entendre que le cannabis thérapeutique pourrait arriver en France. Un pas en avant pour les associations qui demandent la légalisation à des fins médicales de toutes les formes de la plante.

Santé : Agnès Buzyn ouvre la porte au cannabis thérapeutique

La ministre de la Santé a laissé entendre que le cannabis thérapeutique pourrait arriver en France. Un pas en avant pour les associations qui demandent la légalisation à des fins médicales de toutes les formes de la plante.
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« La France a pris du retard au sujet des recherches sur le cannabis médical. Il n’y a aucune raison d’exclure le cannabis pour traiter ces douleurs. Ça pourrait arriver en France. » Ce jeudi, sur France Inter, Agnès Buzyn a ouvert grand la porte au cannabis thérapeutique. La ministre de la Santé affirme avoir  « demandé aux différentes institutions qui évaluent les médicaments de (lui) faire remonter l’état des connaissances sur le sujet, parce qu’il n’y a aucune raison d’exclure, sous prétexte que c’est du cannabis, une molécule qui peut être intéressante pour le traitement de certaines douleurs très invalidantes. »

Cannabis thérapeutique: "Ça pourrait arriver en France" indique Agnès Buzyn »
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Une prise de position réaffirmée par la ministre sur Public Sénat cet après-midi (voir la vidéo de tête). « L’idée, c’est de proposer à certains patients ces traitements, s’il s’avère qu’ils sont efficaces » (…) « Il y a énormément de médicaments, aujourd’hui, qui sont issus de drogues, tous les dérivés de l’opium, les morphiniques… Pourquoi le cannabis échapperait à cette possibilité si jamais c’est utile ? » a-t-elle expliqué.

« Si c’est juste du cannabis de synthèse ça ne va pas nous aller »

« De notre point de vue c’est bien qu’un membre du gouvernement prenne ce type d’engagement » se félicite Bertrand Rambaud, membre fondateur de l'UFCM-I care (Union Francophone pour les Cannabinoïdes en Médecine). Toutefois, il milite pour que soient autorisées  « toutes les formes galéniques » du cannabis (fleur, spray, capsule…) « Si c’est juste du cannabis de synthèse ça ne va pas nous aller car il ne soulage que certaines douleurs » prévient-il.

« Le gouvernement se dit moderne mais fait du conservatisme sur ce sujet dont on sait qu’il est infructueux électoralement »

Ce n’est pas la première fois qu’une ministre de la Santé prend position sur ce sujet. En 2013, Marisol Touraine avait demandé à l’ANSN (Agence nationale de sécurité du médicament) une étude sur une possible commercialisation du Sativex. Un médicalement destiné à soulager les douleurs des malades atteints de sclérose en plaques. Un an plus tard, une autorisation de mise sur le marché était délivrée mais  faute d’accord entre les autorités sanitaires et le laboratoire sur le prix, le médicament n’est toujours pas disponible en pharmacie. « C’est inhumain car ce médicament permet à certaines personnes atteintes de sclérose en plaques de quitter leur fauteuil roulant. Je pense que la ministre fait de la rhétorique. Le gouvernement se dit moderne mais fait du conservatisme sur ce sujet dont on sait qu’il est infructueux électoralement » estime la sénatrice écologiste, Esther Benbassa, auteure d’un rapport sur la légalisation du cannabis.

Bertrand Rambaud pointe quant à lui les limites du Sativex. « Seuls certains malades atteints de sclérose en plaques sont concernés. Il faut avoir des douleurs et des crampes spécifiques pour s’en faire prescrire. C’est la même chose avec le CBD (cannabidiol, autre principe actif du cannabis disponible en France faute de législation sur le sujet) qui ne convient pas à tous les malades ».

Le président LR de la commission des affaires sociale, Alain Milon estime également qu’il n’y a « aucune raison de s’opposer à un progrès thérapeutique dès lors que l’ANSM et la Haute autorité de Santé donnent leur accord. Mais les problèmes tournent toujours autour des questions de dosage et de prescription » rappelle-t-il.

Plus d’une dizaine de pays européens ont déjà autorisé le cannabis à des fins médicales dont l’Allemagne, l’Italie, le Luxembourg ou encore la Grande-Bretagne.

 

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