Cancel culture : « Je suis d’une génération qui a aboli la peine de mort, ce n’est pas pour la rétablir d’une autre manière », estime Sophie Fontanel

Journaliste de mode, romancière, Sophie Fontanel est un électron libre qui aujourd’hui agrège une communauté d’un demi-million de followers sur Instagram. Celle qui a toute sa vie suivi les tendances, porte sans jamais renier sa gourmandise pour l’époque un jugement parfois à rebours de ses emballements. À 60 ans, elle assume son vieillissement quand le culte est à la jeunesse ou à la chirurgie esthétique, comme elle fustige une « cancel culture » qui ne laisse aucune seconde chance aux personnes « effacées ». Elle était l’invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard.
Simon Nicolle

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« Quand j’ai quitté ELLE, je me suis mise devant mon miroir et j’ai dit à ceux qui me suivaient que désormais pour me voir ça serait ici », voilà comment est née la carrière d’instagrameuse de Sophie Fontanel. Depuis, elle fédère une communauté de plus de 500 000 personnes sur la plateforme. « Je suis suivie par des personnes de tous âges… Je suis devenue une espèce d’élément de la famille des autres. »

Malgré son activité virtuelle importante, Sophie Fontanel reste une grande lectrice et rêverait de transmettre ce plaisir aux jeunes, son goût pour les livres complexes, qu’ils comprennent que la connaissance demande un effort : « Il faut lire des livres difficiles (…) et forer pour aller chercher la connaissance, elle ne va pas nous arriver sur Instagram ! », lâche-t-elle toujours un brin provocante.

Errare humanum est

S’agissant de la cancel culture, qui met à l’index les personnalités installées qui ont eu des agissements ou propos inadmissibles, l’ancienne journaliste plaide à rebours de l’époque le droit à une seconde chance. « Je viens d’une génération qui a aboli la peine de mort, ce n’est pas pour la rétablir d’une autre manière, ça existe que les gens s’amendent », assume-t-elle, comme dans le cas du couturier John Galliano qui, après avoir tenu des propos antisémites, avait cherché à s’amender sans pour autant se faire entendre. « Il avait fait tout un chemin pour comprendre pourquoi il avait dit ça, un tour de tous les rabbins du monde, des conférences, etc., pour que ceux qui lui en voulaient sachent que ce n’était rien par rapport à comment il s’en voulait. »

L’ancienne journaliste de ELLE croit en cette idée selon laquelle « il y a des personnes qui bougent, qui évoluent ». Elle estime même que, si l’on renonçait à la capacité de perfectibilité de l’Homme de Rousseau, on irait tout droit « vers une société en train de crever ».

L’émission est à retrouver en intégralité ici.

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