Le jardin nourrit le compost, le compost nourrit le jardin / Collectif Et Puis / crédit photo : Yann Monel
« Les festivals de l’été » : Cultiver son jardin aux Hortillonnages d’Amiens
Dans la Somme, au cœur d’un marais remarquable, le Festival international de jardins, - qui fête cette année sa 17ᵉ édition- invite les curieux à la découverte de créations paysagères et artistiques. Mais pour les organisateurs il s’agit aussi de défendre l’idée que la culture peut aussi être un outil d’insertion sociale et de préservation écologique.
Depuis 2010, les Hortillonnages d’Amiens sont devenus un musée à ciel ouvert, où paysagistes, architectes et plasticiens viennent chaque année interroger notre rapport à la nature. Pour sa 17ᵉ édition, du 22 mai au 11 octobre 2026, le Festival international de jardins propose un parcours de 49 œuvres, dont douze nouvelles créations sélectionnées parmi 218 candidatures venues de 22 pays.
« Les œuvres présentées ne s’imposent pas au paysage : elles s’y inscrivent, le subliment, l’interprètent et parfois s’y fondent », résume Gilbert Fillinger, directeur d’Art & Jardins Hauts-de-France, l’association organisatrice.
Un évènement engagé pour l’économie sociale et solidaire
L’organisation du festival repose sur un engagement social ancien. Dès 2010, l’événement a été la première structure en France à accueillir des volontaires en service civique, aujourd’hui au cœur du dispositif d’accueil des visiteurs. Mais c’est surtout le chantier d’insertion professionnelle, mis en place par Art & Jardins Hauts-de-France, qui structure la dimension solidaire du festival : treize salariés en situation de précarité y retrouvent une activité liée à la nature et au paysage, en accompagnant les artistes et en entretenant les jardins tout au long de la saison.
Cet ancrage social est présent jusque dans l’assiette : la production potagère du festival est redistribuée à des structures locales de l’économie sociale et solidaire, renforçant l’impact positif du site sur son territoire.
Crédits photo : Yann Monel / Le jardin des rémanents, Atelier Bivouac
Des œuvres pensées pour un site naturel fragile
Les créations elles-mêmes portent une attention écologique particulière. Chaque année, l’appel à projets invite les artistes à composer avec les grands enjeux contemporains : préservation de la biodiversité, fragilité des écosystèmes, ressource en eau, agriculture durable.
Plusieurs œuvres de 2026 en témoignent directement comme Le Jardin des rémanents, de l’Atelier Bivouac, qui aborde la question de l’érosion des berges en assemblant des matériaux collectés lors de l’entretien du site, ou encore comme Le Jardin nourrit le compost, le compost nourrit le jardin, du collectif Et Puis, qui met en scène le cycle de formation du sol organique à travers un pavillon entouré d’un potager.
Quant à Gryllotalpa Gryllotalpa, signé Jean-Alfredo Albert, il propose un « jardin d’hospitalité » pensé pour les insectes fouisseurs et la petite faune du sol.
Le site, classé à 95 % en zone Natura 2000, conditionne par ses propres limites la conception des œuvres, souvent construites en matériaux de réemploi ou vouées à se fondre dans le paysage au fil des saisons.
Crédits photo : Yann Monel / Gryllotalpa, Jean-Alfredo Albert
Deux façons de parcourir le site
Le festival se découvre selon deux rythmes complémentaires : à pied et gratuitement sur l’Île aux Fagots, ou en barque électrique sur l’étang de Clermont, où un embarquement de 2 h 30 permet d’accoster d’îlot en îlot. À chacun sa manière d’observer comment ces créations contemporaines dialoguent avec un territoire que le festival s’attache, saison après saison, à faire vivre.
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