À l’approche des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence qui se tiendront du 2 au 4 juillet prochain, Jean-Hervé Lorenzi a livré son diagnostic sur l’économie et la fiscalité française. Le président du Cercle des économistes, qui organise cet événement depuis 2001, a estimé au micro de Public Sénat que les pays qui « ont très bien marché » dans l’histoire récente étaient ceux qui avaient une répartition de la valeur ajoutée d’environ ⅔ pour les revenus du travail et ⅓ pour les revenus du capital.
« Les gens de ma génération sont acharnés sur le maintien de leurs revenus »
« C’est cet équilibre-là qui est très compliqué à trouver. En France on a deux problèmes : une part consacrée aux revenus du travail un peu insuffisante et des revenus du capital ne s’investissent pas suffisamment », a-t-il développé, en estimant qu’il fallait « remonter les salaires » des emplois non-qualifiés et « mettre l’ensemble des prélèvements sur la table. » Dans le viseur de l’économiste, notamment : la CSG, qu’il faudrait « quasiment annuler » sur les bas salaires et répartir « de manière plus progressive. » La cotisation sociale généralisée (CSG) est un prélèvement obligatoire au taux fixe (entre 8 % et 10 %) selon le type de revenus perçus (salaires, pensions de retraite, allocations, revenus patrimoniaux…).
Jean-Hervé Lorenzi défend aussi des « transferts massifs » de revenus des retraités vers les jeunes. Un problème d’économie politique d’après lui : « L’avenir de notre pays c’est la jeunesse, qui a des problèmes de logement, d’insertion sur le marché du travail… Ce que fait le gouvernement traduit le fait que les gens de ma génération sont acharnés sur le maintien de leurs revenus. »
Ainsi, le maintien de l’abattement de 10 % sur l’impôt sur le revenu des retraités – pour « frais professionnels » – représente pour l’économiste « la décision la plus stupide du budget 2026 », au moment même où le gouvernement réduit le soutien financier à l’apprentissage.
« Je pense qu’il fallait inviter le RN, mais je suis minoritaire »
À quelques jours de l’ouverture des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, le président du Cercle des économistes est aussi revenu sur la décision de ne pas inviter des élus du Rassemblement national (RN). « C’est une décision unanime du Cercle des économistes – à mon exception. Je pense qu’il fallait [inviter le RN], mais je suis minoritaire et respectueux de la démocratie », a estimé Jean-Hervé Lorenzi.