Mardi 16 juin, le Sénat a adopté le projet de loi autorisant les boulangers et fleuristes à faire travailler leurs salariés le 1er mai. Difficile de s’y retrouver entre ce texte et la proposition de loi centriste Billon-Marseille, qui poursuivait le même objectif en étendant cette autorisation aux commerces de bouche ainsi qu’aux théâtres et aux cinémas. « Aujourd’hui nous sommes seulement sur deux professions. C’est un compromis que nous aurions pu trouver sur notre texte en commission mixte paritaire (CMP), mais quand le texte a été inscrit à l’Assemblée, certains candidats à la présidentielle en ont fait un totem politique », a regretté la sénatrice sur notre antenne.
Un dispositif « qui ne remet absolument pas en cause le 1er mai »
« Les interventions de Gabriel Attal ont eu pour résultat qu’un texte qui devait être débattu a disparu de l’ordre du jour », résume Annick Billon. Pour autant, le texte a été voté au Sénat et doit donc maintenant être inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Une perspective qui n’a rien d’évidente, d’après la sénatrice : « J’avais eu des promesses en 2025 par la ministre du Travail de l’époque. Notre texte devait prospérer rapidement et ça devait être réglé avant le 1er mai 2026. En l’espèce, je sais comment les débats sont compliqués sans majorité à l’Assemblée nationale, donc je le croirai lorsque je le verrai. »
Sur le fond, Annick Billon défend un dispositif « qui ne remet absolument pas en cause » l’héritage social français. « Avec Hervé Marseille, notre volonté n’était en aucun cas de nous opposer au 1er mai, nous y sommes attachés », a-t-elle assuré. Face aux protestations de la gauche et du monde syndical, Annick Billon regrette une « vision datée du monde du travail », qui repose sur une « description du monde de la subordination » qui ne correspond pas à ce qu’elle « voit sur le terrain. » « Je croise des salariés qui veulent travailler le 1er mai », assure-t-elle. Et de conclure : « Je ne dis pas que tout est formidable dans toutes les entreprises, mais on ne peut pas dire qu’on a des méchants patrons dans toutes les entreprises qui s’assoient sur le volontariat. »