Brüssel, Belgien, 27.06.2025: Europa-Gebäude: Europäischer Rat: L-R: Donald Tusk, António Costa, Ursula von der Leyen in
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Europe : tout comprendre au discours sur l’état de l’Union que va prononcer Ursula von der Leyen le 16 septembre prochain 

C’est le rendez-vous politique de la rentrée au niveau européen. Chaque année, le ou la présidente de la Commission européenne prononce un discours d’une heure environ devant le Parlement européen à Strasbourg. C’est le discours sur l’état de l’Union, ou SOTEU (son acronyme en anglais). Une heure pour faire le bilan de l’année précédente, égrener les priorités pour celle à venir et faire parfois des annonces surprises. Ursula von der Leyen prononcera mercredi 16 septembre le deuxième discours de son second mandat. Que faut-il en attendre ? Décryptage.
Audrey Vuetaz

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  « C’est l’une des rares fois où l’Europe est visuelle, incarnée », souligne Valentin Ledroit, journaliste pour le site Toute l’Europe, qui fait la pédagogie de l’Union européenne. Créé en 2010, le discours sur l’état de l’Union s’inspire largement de celui prononcé chaque année par le président américain, même s’il y a une différence de taille : Ursula von der Leyen n’est pas cheffe d’un exécutif national. Sa Commission a néanmoins le pouvoir de proposer des lois, ce discours donne la direction politique. C’est aussi un moment de communication pour dresser le bilan de l’année écoulée et tenter de répondre aux attentes des citoyens. 

« C’est aussi l’occasion de se positionner vis-à-vis des crises que connaît l’Union européenne. Ça a pu être la crise des migrants ou le Brexit pour Jean-Claude Juncker, la crise de la zone euro ou les difficultés de la Grèce pour José Manuel Barroso. Ursula von der Leyen a prononcé son tout premier discours en plein Covid-19, devant un hémicycle masqué. Elle avait d’ailleurs appelé à créer une Europe de la santé. En 2022, après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, elle était vêtue de jaune et bleu aux côtés de l’épouse de Volodymyr Zelensky, le président ukrainien », rappelle Valentin Ledroit. Cette année, elle devrait forcément évoquer une nouvelle fois la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient. 

  

« Ceux qui affirment savoir ce que va dire Ursula von der Leyen mentent »

  

Justement, que va dire Ursula von der Leyen dans son discours ? Peu de gens le savent réellement. « Elle et trois ou quatre personnes de son entourage tout au plus. C’est vraiment un secret bien gardé, ceux qui affirment savoir ce que va dire Ursula von der Leyen mentent certainement, explique Valentin Ledroit. Chaque année, il y a des annonces inattendues et des arbitrages qui se font jusqu’à la toute dernière minute avec ses commissaires. » Chacun de ces « super-ministres » pousse ses dossiers, car une mention dans le SOTEU, c’est du poids pour porter une mesure. « Certains sujets seront simplement évoqués, pour d’autres il y aura un agenda précis, le suspense reste entier, et c’est ce qui donne envie de regarder le discours. » 

  Parmi les sujets qui seront forcément évoqués, il y aura la guerre en Ukraine et la sécurité de l’Union, alors que des frappes russes ont endommagé dimanche un train de passagers à la frontière polonaise. La présidente devrait aussi évoquer les tensions au Moyen-Orient et les conséquences de ces deux conflits sur le prix des énergies. « Parmi les certitudes, il y aura aussi l’autonomie stratégique de l’Europe et ses relations commerciales. » 

 Voilà pour les impondérables, mais cette année, Ursula von der Leyen devrait aussi évoquer les conséquences des événements climatiques de cet été. « Les incendies, les sécheresses et, très certainement, les conséquences concrètes sur l’agriculture. Elle devrait sûrement rendre hommage aux personnes qui ont lutté contre les incendies et parler du mécanisme de protection civile de l’UE qui a été à l’œuvre cet été en France (la Commission avait alors mobilisé quatre avions de lutte contre les incendies de la réserve rescEU, venus de Suède et de Chypre) », prédit Valentin Ledroit. 

Parmi les autres sujets, les observateurs attendent des annonces sur la protection des mineurs de 15 ans en ligne, et notamment leur accès aux réseaux sociaux. Deux informations vont dans ce sens ; les conclusions d’un groupe spécial d’experts sur la sécurité des enfants en ligne, créé lors du discours de 2025, ont été rendues cet été. Et la France pousse aussi fortement ce sujet. Après la censure, en août, de sa loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans par le Conseil constitutionnel, Emmanuel Macron avait demandé au gouvernement de revoir sa copie. Une nouvelle mouture, plus conforme au droit européen, vient d’être transmise à Bruxelles. Selon une source au sein de l’exécutif confirmant une information du Figaro, pour passer entre les écueils constitutionnel et européen, le gouvernement propose de lister une dizaine de « fonctionnalités » nocives et/ou « addictives » pour les plus jeunes, comme le déclenchement automatique des vidéos, les flux de notifications la nuit ou la communication avec des comptes inconnus. 

Cela permettrait de mieux cibler les réseaux sociaux concernés par l’interdiction, sans cependant les nommer, ce qui ne serait pas autorisé par les règles européennes, espère-t-on de même source. 

 

 

Ce qu’Ursula von der Leyen ne dira pas

  

Même si 2027 sera une année électorale particulièrement chargée en Europe, avec des élections en France (où beaucoup se préparent à l’arrivée du RN au pouvoir), en Pologne, en Espagne et en Italie, Ursula von der Leyen ne devrait, sauf surprise, pas évoquer ces sujets dans le détail pour ne pas donner l’impression d’intervenir dans les campagnes nationales. Tout au plus parlera-t-elle de la situation politique et démocratique sur le continent. 

  Et pour ce qui est des mesures qu’elle annoncera, Ursula von der Leyen saura rapidement si elles font ou non l’unanimité. Son discours sera en effet suivi d’un débat avec les députés (d’abord les chefs de partis, suivis d’une réponse de la présidente, puis les députés). De quoi donner un aperçu des débats politiques à venir. Car le SOTEU est aussi un test pour Ursula von der Leyen : derrière les annonces, il faudra voir quelles propositions pourront réellement réunir une majorité au Parlement européen. 

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