Selon les autorités espagnoles, 60 000 personnes sont entrées à Ceuta et 37 500 ont déjà quitté le territoire espagnol ce vendredi à la mi-journée. Si les raisons de l’afflux restent incertaines, cet épisode rappelle la précédente crise de 2021 où plusieurs milliers de personnes avaient traversé la frontière entre le Maroc et l’Espagne. Les contrôles à la frontière avaient été assouplis par les autorités marocaines afin d’exprimer son mécontentement face au rapprochement diplomatique entre l’Espagne et l’Algérie.
Face à la situation dans l’enclave espagnole et à la frontière avec le Maroc, plusieurs pays européens ont proposé leur aide à l’Espagne. Emmanuel Macron a notamment proposé « d’apporter aux autorités espagnoles tout l’appui nécessaire » et a demandé de « renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne ». Le Premier ministre britannique Andy Burnham a également annoncé être en contact avec les autorités espagnoles pour leur proposer de l’aide. « Il s’agit bien sûr avant tout d’une question relevant de la compétence du gouvernement espagnol, mais cela suscite des inquiétudes ». « Plutôt que d’instrumentaliser la situation […] nous devrions demander une coordination européenne pour de l’aide humanitaire », a demandé Jean-Luc Mélenchon. 57 personnes sont mortes en essayant d’entrer à Ceuta.
Suspendre Schengen
Pour le chancelier allemand, Friedrich Merz, l’Espagne ne doit « pas laisser les migrants en situation irrégulière accéder au continent européen » et demande au Maroc de reprendre « immédiatement les migrants en situation irrégulière ». L’Italie de Giorgia Meloni est allée plus loin en proposant de fermer l’espace Schengen à l’Espagne. « Nous sommes en train de réunir les instances compétentes et […] nous sommes prêts à agir, y compris par des mesures exceptionnelles […] comme la suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne », a écrit la cheffe du gouvernement d’extrême droite Giorgia Meloni.
Ce vendredi 31 juillet, la Finlande et le Danemark ont exprimé leur soutien à la proposition de Giorgia Meloni. Une proposition qualifiée de « démagogique » par l’Espagne qui a convoqué l’ambassadeur italien pour exprimer son désaccord. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié les images d’ « inacceptables » sans appeler à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen.
Pedro Sanchez mis en cause par la droite et l’extrême-droite
En France, Bruno Retailleau a exprimé sur X son soutien à la proposition de Giorgia Meloni. « Face à la gravité de la situation, je demande la suspension de la libre circulation des personnes avec l’Espagne au sein de l’Union européenne. Giorgia Meloni a annoncé vouloir suspendre Schengen. La France doit soutenir à son tour cette position », écrit le candidat de LR à l’élection présidentielle.
Ce dernier pointe également la politique de régularisation, sous certaines conditions, des personnes sans-papiers mise en œuvre par le gouvernement de Pedro Sanchez. Le sénateur considère que ces « choix laxistes » ont créé un « appel d’air ». « Nos nations et nos peuples n’ont pas à subir les conséquences de la complicité passive du gouvernement socialiste espagnol face à ce qui relève d’une véritable invasion migratoire coordonnée du territoire européen », accuse Jordan Bardella sur X. Un discours contesté par le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qualifiant de « mensonges » les accusations de Jordan Bardella.
Donald Trump y est également allé de son attaque contre le premier ministre espagnol avec lequel les relations sont glaciales. « Souvenez-vous de cette image. Ce sera nous dans trois ans si le mauvais camp l’emporte », a déclaré le président américain, selon des propos rapportés par une journaliste de la chaîne américaine.