« Quand nous nous battons contre l’immigration irrégulière, nous défendons les droits de l’Homme », estime Antonio Tajani

D’ici quelques mois, l’Europe va connaître une séquence déterminante. Deux de ses membres fondateurs, la France et l’Italie, organiseront des élections pour choisir leurs exécutifs. Si, en France, le président cédera sa place, la cheffe du gouvernement italien Georgia Meloni entend bien briguer un second mandat en 2027. Élection, réforme de la justice rejetée, immigration, le vice-président du Conseil des ministres italien, Antonio Tajani, répond aux questions de Caroline de Camaret dans l’émission Ici l’Europe.
Simon Nicolle

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« Même si nous avons des idées différentes et que nous sommes des partis différents, notre coalition est toujours unie car nous sommes une coalition historique depuis 1994 », rappelle le secrétaire de Forza Italia, le parti fondé par Silvio Berlusconi. Son espace politique, selon lui, est le seul à permettre une stabilité nécessaire pour offrir un cadre propice aux entreprises et maintenir le niveau d'activité de l’industrie italienne, à la différence de la coalition de gauche qui n’est qu’une « coalition électorale », estime-t-il.

La réforme de la loi électorale en vue des élections législatives

Une longévité qui pourrait se prolonger avec le projet du gouvernement de changer la loi électorale. La nouvelle loi, si elle était adoptée, « serait une loi plutôt proportionnelle mais avec des accords de coalition et une prime à la majorité », rappelle Antonio Tajani. À ce stade, la prime majoritaire serait obtenue par toute coalition recueillant plus de 40 % des suffrages. Le texte devrait être mis au vote à la mi-juillet et pourrait donc être appliqué dès les prochaines élections si une majorité de oui se dégage au Parlement.

La réforme de la justice, freinée par le non au référendum

En mars dernier, le gouvernement Meloni a proposé par référendum une grande réforme de la justice qui a été rejetée par les citoyens à 54 %. Certains membres de l’opposition ont d’ailleurs accusé cette réforme de « chercher à museler politiquement les magistrats ». Antonio Tajani rappelle que 13 millions d’Italiens ont voté en faveur de cette réforme, que le Parlement lui-même l’a approuvée mais que, puisque la réforme a été soumise au référendum, le gouvernement respecte la volonté des citoyens de s’y opposer. « Il faut être attentif sur la question de la justice qu’il faudra réformer », estime-t-il avant d’ajouter qu’il est possible de « la changer autrement que par des réformes constitutionnelles mais par des lois ».

La directive « retour », portée par l’Italie et adoptée par le Parlement européen

Le gouvernement Meloni, dont fait partie Antonio Tajani, a incité l’Europe à adopter un nouveau règlement européen sur les retours des personnes en situation irrégulière dans des pays qui ne sont pas nécessairement leur pays d’origine, des « hubs » situés en dehors du territoire de l’Union européenne. « Nous avons gagné un défi car l’immigration irrégulière est un problème », se félicite l’ancien président du Parlement européen, « quand nous nous battons contre la question de l’immigration irrégulière, nous défendons aussi les droits de l’Homme ». Antonio Tajani plaide pour une immigration régulière centrée sur l’éducation et pour une immigration de travail choisie.
Alors que la droite italienne avait déjà fait campagne sur le « moins d’immigrés » en 2022 et devrait faire campagne sur le même thème en 2027, le gouvernement Meloni a approuvé la régularisation de près d’un demi-million de personnes afin de subvenir aux besoins de son économie à travers le « decreto flussi ».

L’émission est à retrouver dans son intégralité ici.
 

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