« Nous mettons en œuvre toutes les réformes exigées par l’UE et espérons que les Etats membres reconnaitront nos efforts », assure la Présidente moldave

Une semaine avant la tenue du sommet UE - Moldavie à Bruxelles, le premier bloc de négociations d’adhésion s’est ouvert le 15 juin. Ces négociations entre l’Union européenne et la République de Moldavie se sont concentrées sur le respect des droits fondamentaux, la réforme de l’administration publique et les critères économiques. Caroline de Camarets s’est entretenue avec la Présidente moldave, Maia Sandu, dans l’émission Ici l’Europe.
Simon Nicolle

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La Moldavie, dont la population compte 2,8 millions d’habitants, subit d’élections en élections des campagnes de désinformation russes. Néanmoins, sa présidente pro-européenne, Maia Sandu a été réélue en 2024 et a vu son parti « Action et solidarité » remporter les élections législatives de septembre 2025 avec 50 % des suffrages exprimés, devant le bloc électoral patriotique pro-Kremlin à 24 %.

« Malgré l’ingérence massive du régime du Kremlin dans les élections en Moldavie, les Moldaves ont su décider par eux-mêmes et ils ont choisi l’UE », se félicite Maia Sandu alors que la guerre hybride menée par la Russie ne faiblit pas.

Une volonté renforcée par la proximité de la menace russe

La Moldavie étant voisine de l’Ukraine, la cinquième année de guerre pèse sur les Moldaves et accentue leur volonté d’intégrer un espace politique plus protecteur. « Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, nous percevons plus clairement l’agressivité russe et comprenons les risques émanant de Moscou », pour la Présidente moldave, face à ce risque sécuritaire, « l’Union européenne est synonyme de paix ».

Autre répercussion du conflit en Ukraine voisine, les 305 000 habitants de la région séparatiste de Transnistrie soutenue par la Russie, qui représente 10 % du territoire national, ont perdu leur accès au gaz russe gratuit et dépendent de plus en plus de la capitale moldave Chisinau. « De plus en plus de résidents de Transnistrie traversent depuis la rive gauche du Dniepr et vont chercher du travail et du soutien social dans le reste du pays [la République de Moldavie], nous pensons qu’une opportunité de réunification pourrait se présenter », affirme la Présidente moldave.

L’Union européenne comme pôle d’espérance et d’unité

La Présidente de la République de Moldavie perçoit dans la possibilité de rejoindre l’Union européenne une opportunité triple. « Nous voulons faire partie de l’UE, tout d’abord pour préserver la paix, l’UE étant reconnue comme le projet de paix le plus abouti. L’UE nous permettra également de consolider notre démocratie, il est crucial pour nous de rester dans le camp du monde libre. Enfin, l’UE est connue comme une famille de pays ayant réussis à élever considérablement le niveau de vie de leurs populations », estime Maia Sandu. La Moldavie reçoit d’ailleurs d’ores-et-déjà des fonds de pré-adhésion pour soutenir son économie, fragilisée par la guerre en Ukraine.

Alors que la langue officielle de la Moldavie est le roumain, la Présidente moldave n’exclue pas une réunification avec la Roumanie afin de faciliter son adhésion, la Roumanie étant elle un membre de l’Union européenne depuis 2007. « Nous mettons en place toutes les réformes exigées par l’UE et nous espérons que les Etats membres reconnaitront nos efforts (…) Si cela ne devait pas se concrétiser, nous envisageons diverses options alternatives mais notre objectif principal reste d’intégrer l’Union. »

La démission du premier ministre moldave Alexandru Munteanu, ce vendredi 3 juillet, pourrait présenter un défi majeur pour la présidente pro-européenne Maia Sandu alors qu’elle réaffirme sa volonté de pouvoir compter sur un gouvernement capable de concrétiser l’objectif d’intégrer à l’UE.

L’émission est à retrouver en intégralité ici.

Partager cet article

Dans la même thématique

Keir Starmer Resigns As Labour Party Leader, London, UK – 22 Jun 2026
4min

International

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé sa démission

Moins de deux ans après son arrivée au pouvoir, le Premier ministre travailliste Keir Starmer a annoncé lundi sa démission après des mois de pression, précisant qu'il resterait en poste jusqu'à la désignation de son successeur à la tête du Labour.

Le

« Nous mettons en œuvre toutes les réformes exigées par l’UE et espérons que les Etats membres reconnaitront nos efforts », assure la Présidente moldave
4min

International

« La question n’est plus de savoir si l’Ukraine va gagner la guerre, mais quand elle va la gagner », affirme l’ambassadeur de France en Pologne, Étienne de Poncins

Invité ce lundi de la matinale de Public Sénat, l’ambassadeur de France en Pologne Étienne de Poncins envisage une issue positive au conflit pour Kiev, qui mène actuellement des frappes intensives sur la Crimée. Le diplomate s’inquiète en revanche des « crispations » entre l’Ukraine et la Pologne, alors qu’une conférence pour la reconstruction se tient à Gdansk en fin de semaine.

Le

« Nous mettons en œuvre toutes les réformes exigées par l’UE et espérons que les Etats membres reconnaitront nos efforts », assure la Présidente moldave
4min

International

10 ans du Brexit : « un désastre économique pour le Royaume-Uni », estime cet eurodéputé et ancien ministre italien

Il y a 10 ans, une courte majorité de Britanniques votaient en faveur du Brexit, la sortie de l’Union européenne. Les conséquences économiques de cette décision s’avèrent plutôt néfastes pour le Royaume-Uni et le gouvernement travailliste opère depuis deux ans un rapprochement avec le club des 27. Les 10 ans du Brexit, c’est le débat de la semaine dans Ici l’Europe, émission diffusée sur France 24, LCP et Public Sénat.

Le