Il persiste et signe. Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), a répété lors d’une conférence de presse consacrée au projet économique du parti pour 2027 qu’il contestait « formellement » les accusations de Mediapart. Le média d’investigation avait publié lundi dernier plusieurs captures d’écran de messages antisémites envoyés sur Facebook entre 2013 et 2015 et attribués à Jordan Bardella.
Face aux dénégations du président du RN, Mediapart a publié dans un second temps un nouvel article intitulé : « Ecrits antisémites de Jordan Bardella, les preuves du mensonge ». Les journalistes y dévoilaient leur méthode de travail et la manière dont ils avaient recoupé l’information pour s’assurer que ces messages avaient bien été écrits de la main de Jordan Bardella.
« Je conteste vos preuves et je conteste vos sources », a rétorqué l’aspirant Premier ministre aux journalistes qui l’ont interrogé sur ce sujet sous le regard approbateur de Marine Le Pen, assise à côté de lui. « J’imagine que vous auriez adoré me voir poser le genou à terre, mais c’est très mal me connaître », a-t-il répondu spécifiquement au journaliste de Mediapart qui l’interrogeait.
Possibles nouvelles poursuites judiciaires
Mediapart avait expliqué avoir prouvé l’existence de ces messages grâce à l’extraction de la conversation par Meta, maison mère de Facebook. Jordan Bardella a affirmé qu’il ne pouvait pas demander cette extraction pour prouver que les messages ne sont pas les siens car il « n’utilise plus Facebook depuis très longtemps ». Il a indiqué ne disposer qu’une d’une page Facebook gérée par la communication du parti. Le patron du RN prévient aussi qu’il prévoit d’engager de nouvelles poursuites judiciaires contre Mediapart concernant le deuxième article paru le 1er octobre. « Il faudra vous justifier devant la Justice », a-t-il lancé.
Avant le début de cette conférence de presse planifiée depuis plusieurs semaines, un membre de l’équipe de campagne rejetait les questions sur ces accusations d’écrits antisémites : « On ne va pas réagir tous les deux jours, ça n’a pas d’intérêt ». Les réponses offensives de Jordan Bardella suggèrent, au contraire, qu’au vu de la gravité des accusations et en pleine campagne présidentielle, il ne peut pas s’exonérer d’y répondre.