Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin est sous pression depuis la découverte jeudi du corps de Lyhanna, une collégienne de 11 ans dans le Gers. Le principal suspect, Jérôme Barella n’avait jamais été interpellé ou convoqué malgré plusieurs plaintes et signalements déposés contre lui pour des violences sexuelles sur mineurs.
Face à un pays sidéré par la mort de la petite Lyhanna, Emmanuel Macron a reconnu mercredi que la question de « la confiance dans nos institutions » était posée, tout en mettant en garde contre toute « précipitation » à légiférer et « démagogie ».
« Au mois de juin, il ne s’est toujours rien passé »
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin et son collègue à l’Intérieur Laurent Nuñez ont lancé une enquête administrative confiée aux Inspections générales de la gendarmerie et de la justice, qui doit rendre ses conclusions le 19 juin. Une commission d’enquête va voir le jour au Sénat. Le gouvernement s’est engagé à communiquer les résultats de cette enquête administrative notamment autour de ce qu’il s’est passé dans un autre cas, celui de la petite Rosa, dont les parents avaient déposé plainte pour viol contre Jérôme Barella en août 2025. Dans le Gers, il y a réellement eu des manquements […] la juge d’instruction a demandé en février que le suspect soit mis en garde à vue, pas convoqué pour être entendu, mais en garde à vue. Et au mois de juin, il ne s’est toujours rien passé. Et donc là, c’est en gendarmerie que ça s’est passée. On n’arrête pas de crier haro sur le ministre de la Justice. Pour le coup, je pense que le ministre de l’Intérieur est tout à fait concerné par le sujet. », a relevé la présidente (centriste) de la délégation aux droits des femmes du Sénat, Dominique Vérien au micro de Public Sénat.
Dominique Vérien rappelle que la commission d’enquête du Sénat aura pour ambition de relever « tous les dysfonctionnements de la chaîne pénale, pas seulement du ministère de la Justice mais aussi du ministère de l’Intérieur, de vérifier pourquoi les passations ne se font pas. Pourquoi il y a eu autant de déclarations sans suite ».
La sénatrice l’a indiqué mardi à Laurent Nunez, elle a relevé « qu’en fonction du colonel de gendarmerie, les enfants et les femmes sont des priorités ou ne le sont pas. Et quand elles ne le sont pas, eh bien on a des déclarations sans suite parce que des enquêtes ne sont pas faites ».
L’exécutif a réfuté tout manque de moyens dans ce cas précis. L’institution judiciaire a bénéficié de budgets en hausse sous ses deux quinquennats. « Il n’y a, me semble-t-il, aucun problème de moyens dans cette affaire. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problème de moyens en France, parce que quand je parlais des gendarmeries qui faisaient ou qui ne faisaient pas, ce n’est pas forcément parce qu’ils ne veulent pas traiter les sujets, c’est parce qu’ils priorisent en fonction de ce qui leur paraît le plus important parce qu’ils n’ont pas suffisamment de moyens pour traiter l’ensemble des sujets. S’ils avaient les moyens de traiter l’ensemble des sujets, on n’en serait pas là », a-t-elle conclu.