Dès les premières minutes du débat organisé par les étudiants d’HEC, ces derniers et Jean-Luc Mélenchon ont affiché un objectif commun : « dépasser les caricatures ». Loin de l’atmosphère des meetings de la France insoumise, malgré quelques applaudissements à son arrivée, le quadruple candidat à l’élection présidentielle a cherché à convaincre les étudiants de l’école de commerce. « Si je gagne, j’ai besoin de vous, assume le fondateur de la France insoumise, dans la réorganisation de la France et du monde nous aurons besoin de gens qualifiés ». Au long des échanges, le candidat a insisté sur la gravité de la situation politique actuelle, estimant que le futur réserverait à la jeunesse « des défis comme aucune autre génération n’en a eu avant vous ».
« Il faut commencer par mettre de côté cette comédie selon laquelle LFI manipule le mouvement »
Naturellement, les questions ont rapidement abordé le mouvement lycéen qui traverse actuellement la France. Avec plus de 400 lycées perturbés ce lundi 5 octobre et un mouvement qui se poursuivra mardi 6 octobre, il s’agit du mouvement lycéen spontané le plus massif depuis 1990. Plus tôt dans la journée, Jean-Luc Mélenchon a estimé qu’il s’agissait du « plus puissant mouvement de jeunesse lycéenne et étudiante qu’il ait connu depuis mai 1968 ».
Alors que plusieurs élus LFI se sont rendus devant les lycées bloqués pour exprimer leur soutien envers la jeunesse, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a été qualifié, notamment par la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, de « pompiers pyromanes ». « Il faut commencer par mettre de côté cette comédie selon laquelle LFI manipule le mouvement. Personne n’est capable de faire ça. Notre but n’est pas de récupérer un mouvement, c’est le mouvement qui nous récupère », s’est défendu l’ancien sénateur. Le candidat à la présidentielle s’est d’ailleurs indigné de ces attaques, dénonçant « l’infâme système médiatique » y voyant une façon d’essayer de se « débarrasser » de lui « et de ses amis ».
Jean-Luc Mélenchon critique des conditions « déplorables » d’enseignement
Sur le fond, Jean-Luc Mélenchon, considère que l’origine du mouvement lycéen se trouve dans la dégradation de la qualité et des conditions d’enseignement. Plus généralement, le candidat à l’élection présidentielle considère que l’on a « démantelé la machine à instruire », notamment depuis la mise en place de Parcoursup qui a accordé une place croissante au contrôle continu dans l’obtention du baccalauréat.
« Aujourd’hui, il y a 100 000 jeunes qui ont commencé l’année sans pouvoir entrer à la fac, Parcoursup est haï des familles », avance Jean-Luc Mélenchon en référence aux lycéens n’ayant pas reçu d’affectation dans l’enseignement supérieur à l’issue de l’obtention du bac. « Aucune société ne peut se fâcher avec sa jeunesse » a insisté Jean-Luc Mélenchon mentionnant également les lycéens des séries technologiques, professionnelles ou d’apprentissage qu’il qualifie « d’ignorés de l’éducation ».
« Cette troupe n’est plus tenue, elle n’en fait qu’à sa tête et dans sa tête il y a des idées pourries, racistes »
Alors que le mouvement lycéen a été émaillé de nombreuses violences et que l’Inspection générale de la police nationale a déjà ouvert 10 enquêtes, le fondateur de LFI n’a pas retenu ses coups contre les forces de l’ordre et les « insupportables violences policières ». « Cette troupe n’est plus tenue, elle n’en fait qu’à sa tête et dans sa tête il y a des idées pourries, racistes », lâche l’ancien sénateur à propos des policiers et gendarmes.
Sans condamner la jeunesse, Jean-Luc Mélenchon reconnaît qu’il y a « des jeunes qui font des conneries » et déplore le désordre généré par la situation. « N’allez pas croire un instant que j’aime la pagaille, mais je crois à une forme d’organisation de la société, on ne peut pas vivre contre la jeune génération », lance-t-il.