Spain Ceuta
(AP Photo/Antonio Sempera)/EM122/26211460199936//2607301448

Crise migratoire à Ceuta : peut-on exclure un membre de l’espace Schengen ?

Alors que les images de l’enclave espagnole de Ceuta ont déclenché une crise migratoire, les pays européens se divisent sur la question migratoire. L’Italie de Giorgia Meloni, soutenue par le Danemark et la Finlande, a proposé de fermer l’espace Schengen à l’Espagne. Pourtant, la proposition semble difficilement réalisable.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

L’espace Schengen est l’un des principaux acquis européens puisque ces accords ont créé une zone de libre circulation où les contrôles aux frontières ont été abolis pour les voyageurs. Ce vaste espace s’est construit progressivement à partir de 1985. La première suppression effective des contrôles aux frontières a eu lieu en 1995, entre la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Portugal.

Concrètement, à l’intérieur de cette zone, les citoyens de l’UE, comme les ressortissants de pays tiers, peuvent voyager librement sans subir de contrôles aux frontières. Il est actuellement composé de 29 pays : tous les Etats membres de l’UE (à l’exception de Chypre et de l’Irlande) ainsi que l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse.

Exclure un membre ?

L’exclusion d’un membre n’est pas envisagée dans les textes européens. « Le système Schengen ne prévoit pas une telle disposition : un Etat ne peut pas unilatéralement exclure un autre », explique à l’AFP Marie-Laure Basilien-Gainche, professeure de droit à l’université française de Lyon 3.

En revanche, s’il n’est pas possible d’exclure un État de Schengen, un autre État membre peut invoquer l’article 29 du code frontières Schengen pour rétablir des contrôles exceptionnels et temporaires à ses frontières. Ces contrôles sont notamment autorisés en cas de « menace grave pour la sécurité intérieure ou l’ordre public ». Ce régime peut également être invoqué dans les cas de terrorisme, de criminalité organisée ou les urgences de santé publique, du type Covid-19. Les « mouvements soudains, de grande ampleur et non autorisés, de ressortissants de pays tiers entre les Etats membres », sont également mentionnés. Dans le cas spécifique où ils pourraient mettre en péril le fonctionnement « de l’espace sans contrôle aux frontières intérieures ».

Le président français Emmanuel Macron a ainsi réclamé au ministre de l’Intérieur de « renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne », selon son entourage. « Mais il n’y a pas de frontière intérieure entre l’Italie et l’Espagne et encore moins entre l’Espagne et la Finlande », souligne Marie-Laure Basilien-Gainche.

La Commission européenne rejette la proposition de Giorgia Meloni

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a qualifié les images provenant de Ceuta d’« inacceptables ». Mais la proposition italienne est largement rejetée par l’exécutif européen. Selon un responsable européen contacté par l’AFP, les autorités européennes comprennent « les inquiétudes de certains gouvernements » mais assurent que la priorité est avant tout à « sécuriser les frontières extérieures » de l’UE.

L’UE s’évertue d’ailleurs à rappeler que cette crise concerne spécifiquement l’enclave espagnole de Ceuta, située sur le continent africain. « Il n’y a pas aujourd’hui de mouvements vers le continent européen », a également indiqué à l’AFP un haut responsable de l’UE.

(Avec AFP)

Partager cet article

Dans la même thématique

Gerard Larcher re-elected President of the Senate
3min

Politique

Présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre : doublé par le gouvernement, le groupe RN « ne se laissera pas déstabiliser par les mesquineries d’un exécutif crépusculaire »

Mardi soir en conférence des présidents du Sénat, le gouvernement a réservé une surprise au nouveau groupe RN-UDR en décidant d’inscrire, le 19 novembre, dans son temps réservé, l’examen de la proposition de loi visant à instaurer une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. Un texte que le groupe présidé par Edwige Diaz avait pourtant inscrit dans sa niche parlementaire prévue le 10 décembre. La sénatrice dénonce le « sectarisme » et les « calculs politiciens » du gouvernement.

Le

Crise migratoire à Ceuta : peut-on exclure un membre de l’espace Schengen ?
3min

Politique

Hausse de TVA sur les abonnements de Canal+ : la ministre de la Culture « vigilante sur les conséquences de cette évolution » pour le financement du cinéma français

Auditionnée dans le cadre du budget 2027, la ministre de la Culture, Catherine Pégard est revenue sur une mesure polémique qui vise à doubler le taux de TVA de 10 % sur les abonnements aux télévisions payantes comme Canal +. Une disposition rejetée par les députés et qui pourrait subir le même sort au Sénat car elle pourrait se répercuter sur le financement du cinéma français, comme avait prévenu le patron de Canal +, Maxime Saada.

Le

2026 Municipal Elections – Vote Counting – Lyon
6min

Politique

Election présidentielle : pourquoi les dates choisies font débat ?

Raphaël Glucksmann s’interroge à son tour sur les dates de l’élection présidentielle, fixées les 18 avril et 2 mai, soit le lendemain du 1er mai, où les syndicats défilent. Il rejoint les critiques déjà formulées par le candidat LR, Bruno Retailleau, et Louis Aliot, vice-président du RN. Mais le gouvernement n’entend pas changer le calendrier.

Le