Politique
24 heures après le rejet par le Sénat de la hausse de 36 milliards d’euros, prévue dans la loi de programmation militaire, Sébastien Lecornu a livré sa rapide analyse au micro de Public Sénat.
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Par Simon Barbarit
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La commission d’enquête sénatoriale cherche à faire la lumière sur « les mécanismes de financement des politiques publiques par des organisations privées » ainsi que sur les risques « d’influence, d’absence de transparence financière et d’entrave au fonctionnement de la démocratie » arrive à un moment clé de ses travaux.
Les sénateurs qui s’intéressent particulièrement aux investissements de structures privées : fondations, fonds ou associations, dans les domaines démocratique, culturel ou éducatif auditionnent, ce matin le milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin. Au cœur de leurs interrogations figure notamment son projet « Périclès ». Durant l’été 2024, le quotidien L’Humanité avait révélé un document stratégique détaillant les ambitions politiques de ce projet. Selon ces révélations, 150 millions d’euros devaient être consacrés à la promotion d’idées d’extrême droite afin de favoriser une victoire de « l’union des droites » lors de prochaines échéances électorales
Exilé en Belgique, opposé à l’avortement et défenseur de la « remigration », Pierre-Édouard Stérin affiche ouvertement ses convictions ultralibérales, traditionalistes et identitaires. L’entrepreneur affirme vouloir « servir et sauver la France » en mettant sa fortune au service de ses idées. Son nom est également associé à la « Nuit du Bien commun », un événement caritatif organisé dans plusieurs villes françaises et régulièrement critiqué par la gauche locale pour son soutien à des associations conservatrices.
L’évènement est à suivre à partir de 10h30 sur les antennes de Public Sénat.
Interrogé sur l’existence d’éventuelles procédures judiciaires, le milliardaire indique qu’aucune action n’est actuellement menée contre le fonds du Bien Commun, ni contre Périclès. Il tient à marquer la différence entre ces deux activités, la première étant présentée comme philanthropique et la deuxième pleinement politique « pour populariser les idées libérales-conservatrices ».
Ce, alors que les sénateurs s’inquiètent d’un possible dévoiement de ses activités philanthropiques pour servir son projet politique. « Il n’y a jamais de caractère politique dans les actions et décisions du fonds du Bien commun », assure-t-il, revendiquant une philanthropie à dimension sociale en faveur de différentes causes (« éducation, pauvreté et handicap »). « La frontière est extrêmement importante, il n’y a pas de collusion des genres », insiste-t-il.
En 2003, Pierre-Edouard Stérin lance « Smartbox », inspiré d’un concept belge de coffrets cadeaux, dont il reprend la licence « avec 5 000 euros que [lui] avaient prêtés [s] es parents ». « En 10 ans, j’ai fait passer ces 5 000 euros de 0 à 500 millions d’euros de chiffres d’affaires, de 0 à 50 millions d’euros de résultats par an, de 0 à plus de 1 000 collaborateurs sur une dizaine de pays en Europe », fait valoir l’homme d’affaires.
« Les 5 000 euros que m’ont prêtés mes parents en 2003 sont devenus en 2026 un peu plus de 1,4 milliard d’euros. Je ne suis pas né milliardaire, je le suis devenu grâce à mon ambition, ma volonté, et ma capacité de travail très importante », se félicite Pierre-Edouard Stérin. « J’ai une vie tout à fait classique de cadre supérieur. On doit dépenser avec mon épouse et mes cinq enfants entre 150 et 200 000 euros par an, ce qui est beaucoup d’argent mais ce qui est très loin de ce que pourrait me permettre de faire le patrimoine que j’ai accumulé », explique-t-il, indiquant ne pas être intéressé par « l’accumulation de biens matériels ».
En 2013, Pierre-Edouard Stérin démissionne de son poste de directeur général de Smartbox : « J’avais atteint le seuil limite de compétences, je n’avais plus le niveau de diriger cette entreprise », explique-t-il. Depuis une douzaine d’années, le milliardaire indique se consacrer à deux activités : « Crée des entreprises. Je lance chaque année une dizaine de projets, et en parallèle j’investis les dividendes de Smartbox, et des autres entreprises que j’ai pu développer, dans différents secteurs », détaille-t-il.
« J’ai aussi décidé de continuer à faire de l’argent pour faire le bien. J’ai créé deux entités, la première est le Fonds du bien commun, il y a 4 -5 ans, qui soutient des projets d’intérêt général, et le deuxième projet que j’ai créé, c’est Périclès, qui est un projet métapolitique, qui vise à diffuser en France des idées libérales conservatrices. »
Pierre-Edouard Stérin a également tenu à nuancer la proximité qu’on lui prête avec l’extrême droite. « Je suis souvent caricaturé par une certaine presse, mais s’il fallait me définir politiquement, je dirais que je suis au centre de la droite. J’ai été militant RPR dans les années 1980 », a-t-il voulu rappeler. « Je préfère de loin la vie des affaires aux histoires philanthropiques et métapolitiques, aujourd’hui, j’y consacre moins de 10 % de mon temps », assure-t-il.
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