Jordan Bardella, président du RN, a démenti « formellement » lundi avoir écrit en 2013 des propos antisémites, que le journal d’investigation Mediapart a affirmé avoir authentifié dans une enquête, la candidate du RN Marine Le Pen estimant que « ça ne peut être qu’un faux ». « Je conteste formellement les accusations portées à mon endroit par Mediapart, me prêtant des propos délirants et antisémites », a réagi sur X le président du RN, affirmant avoir chargé son avocat d’engager « les procédures nécessaires ».
L’eurodéputé et président du RN s’en est alors pris à une « certaine presse militante » qui voudrait selon lui « déstabiliser la campagne présidentielle ». Lors de son déplacement, ce lundi 28 septembre, au salon des professionnels de la construction à Paris, Marine Le Pen a affirmé n’avoir pas « lu l’article de Mediapart ».
Mais « ça me paraît tellement dingue que ça ne peut être qu’un faux, qu’une barbouzerie dont Mediapart a le secret », a réagi la candidate à l’Elysée, qui souhaite toujours nommer Jordan Bardella à Matignon en cas de victoire à l’élection présidentielle. « Aucune personne normalement constituée ne peut croire à cette dinguerie », a-t-elle aussi déclaré face aux journalistes présents sur place.
Des propos antisémites révélés par Mediapart
L’enquête de Mediapart s’appuie notamment sur des conversations privées, que le journal d’investigation affirme avoir pu authentifier, et qui auraient été écrites par Jordan Bardella à l’été 2013, alors qu’il avait entre 17 et 18 ans. Ces conversations retranscrivent plusieurs propos antisémites.
Parmi les écrits issus de l’article de Mediapart, Jordan Bardella aurait envoyé dans une conversation : « Le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur ». Le militant, qui a rejoint le parti d’extrême droite un an et demi plus tôt, aurait ajouté : « Et c’est ce qu’ils veulent, un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël, avec bien sûr Jérusalem comme capitale ». Dans le cadre d’une autre conversation de l’époque évoquée par Mediapart, le jeune militant du RN critique la composition du gouvernement de Jean-Marc Ayrault déplorant que les principaux ministères « reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt bancaire priment sur les intérêts Français ». Il cible trois ministres du quinquennat Hollande, selon Mediapart : Laurent Fabius, Pierre Moscovici et Manuel Valls.
« On comprend mieux aujourd’hui pourquoi Bardella a pu dire que Jean-Marie Le Pen n’était pas antisémite », a ironisé sur X le premier secrétaire du PS Olivier Faure. Une référence aux propos du patron du RN en novembre 2023, qui avait dit ne pas croire que le fondateur du parti à la flamme soit « antisémite », avant de reconnaître « une maladresse ».
(Avec AFP)