Paris : Reception des chefs de partis a l elysee – Paris: Reception for party leaders at the Elysee Palace
Le president de la republique, Emmanuel Macron, reçoit les differents chefs de partis politique en vue de la nomination du futur premier ministreEdouard Philippe a la sortie de la reunion avec le presidentEmmanuel Macron, french president, is receiving the parti leaders as he will have to nominate the new prime minister soon.Edouard Philippe is seen at the exit of the meeting with the president //BUFKENSCEDRIC_bufkens11763/Credit:BUFKENS CEDRIC/SIPA/2408231757

Edouard Philippe candidat à la présidentielle : « Ce que je proposerai sera massif »

Emmanuel Macron cherche un candidat pour Matignon, Édouard Philippe brigue sa succession à l'Élysée. En officialisant, en pleine crise politique, sa candidature à la « prochaine élection présidentielle », l'ancien Premier ministre trace la perspective de l'après-Macron, sans exclure une fin de mandat anticipée, dans une interview au Point.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Le sens du timing. Le sens des priorités », a rapidement réagi la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier. Alors que les consultations s’enchaînent interminablement à l’Élysée pour dénouer la crise née de la dissolution et des élections législatives, Édouard Philippe confirme le grand dessein qui l’occupe depuis sa sortie de Matignon en 2020, et pour lequel il a fondé son propre parti, Horizons : la succession d’Emmanuel Macron.

« Je serai candidat à la prochaine élection présidentielle », confirme le maire du Havre dans un entretien au Point publié mardi soir.

Interrogé, l’ancien protégé d’Alain Juppé « confirme » également qu’il se tient prêt dans la perspective d’une élection présidentielle anticipée. Hypothèse qui flotte dans l’atmosphère de la classe politique française, avec une Assemblée sans majorité et une crise institutionnelle inédite en Ve République à laquelle Emmanuel Macron est censé répondre en nommant un Premier ministre.

« Ce n’est pas une surprise. Il a déjà dit qu’il se préparait, tout le monde le sait. Il dit les choses. Ce n’est pas demain, il se prépare et sera candidat à la prochaine élection présidentielle », explique un membre de son entourage.

« On vit un moment inédit, difficile pour tout le monde, pour les Français, pour le chef de l’État, pour l’ex-majorité ». « Faire preuve d’individualisme », « alors que l’actualité, l’urgence, c’est de trouver une stabilité », et « déclarer sa candidature, ne me paraît pas vraiment opportun aujourd’hui », a réagi sur LCI le président du groupe macroniste au Sénat, François Patriat.

Sollicité, l’Élysée n’a pas fait de commentaire.

 

« Loyal mais libre »

 

Les ambitions élyséennes ne faisaient effectivement guère de doute s’agissant d’Édouard Philippe, qui s’est employé à cocher toutes les cases de l’ascension vers l’élection-reine depuis son départ de Matignon en 2020.

Trois ans auparavant, Emmanuel Macron élu à l’Élysée confiait Matignon à la surprise générale à ce cadre des Républicains (LR), énarque, élu maire du Havre en 2010.

Le bail à Matignon fut parfois compliqué, avec la violente crise des « gilets jaunes », et les relations avec le président, rapidement délicates. Elles aboutirent à son remplacement par Jean Castex en juillet 2020, après la première phase de la crise du Covid qui valurent à Édouard Philippe une popularité notable, rare en quittant la rue de Varenne.

Depuis, ce conseiller d’État âgé de 53 ans à la silhouette longiligne, à la barbe d’abord brune, puis poivre et sel et presque disparue –il est victime d’alopécie– s’est employé à préparer sa candidature, fondant sa propre formation, Horizons, fin 2021, avant même la campagne de réélection d’Emmanuel Macron.

Tenu à l’étroit dans une majorité relative, cultivant à l’Assemblée le credo « loyal mais libre » édicté par son patron, Horizons a haussé le ton après la dissolution, accentuant son indépendance financière tout en parvenant, fait singulier dans l’ex-majorité, à conserver son nombre de députés.

De quoi permettre à Edouard Philippe d’afficher de plus en plus ostensiblement ses distances avec le chef de l’Etat. Et de cultiver sa singularité, quitte à provoquer la polémique en revendiquant avoir partagé un « dîner cordial » avec Marine Le Pen l’an passé, ce qui lui a permis de constater, dit-il, « des désaccords très profonds sur de très nombreux sujets ».

Celui qui s’était affirmé en « homme de droite » sur le perron de Matignon en 2017 prône depuis 2022 une coalition avec son ancienne formation des Républicains, base politique qu’il souhaite voir élargie dans sa conquête du pouvoir à une partie des sociaux-démocrates, une fois qualifiée de « gauche mitterrandienne ».

Dans Le Point, interrogé sur Xavier Bertrand et Bernard Cazeneuve, Édouard Philippe explique d’ailleurs soutenir « tout Premier ministre choisi dans un espace politique qui va de la droite conservatrice à la social-démocratie ». Et en profite pour appuyer sur ses thèmes de prédilection, comme l’éducation, l’ordre public, et surtout la crise des finances publiques. L’occasion d’adresser une sévère critique à la gestion du gouvernement sortant et ses objectifs de stabilisation du déficit à 3 % en 2027 auxquels « personne ne croit ».

« Je me prépare pour proposer des choses aux Français. Ce que je proposerai sera massif. Les Français décideront », explique le président du parti Horizons.

(Avec AFP)

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le