Polling station illustration in Bordeaux
/Credit:UGO AMEZ/SIPA/2206121128

Elections municipales : comment va-t-on voter à Paris, Lyon et Marseille ?

Deux urnes à Marseille et Paris et même trois urnes à Lyon, le déroulement du scrutin lors des élections municipales des 15 et 22 mars vont peut-être dérouter les habitants de ces trois métropoles. Pour la première fois, ils éliront directement les membres de leurs conseils municipaux respectifs, conformément à la loi du 11 août 2025.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’est la grande nouveauté des élections municipales des 15 et 22 mars. Dans les trois plus grandes villes de France, Paris, Marseille et Lyon, les règles du scrutin changent. Pour la première fois, le maire de ces trois villes sera élu de la même manière que dans les 36 000 autres communes de France.

Depuis 1982 et jusqu’en 2020, les municipales à Paris, Marseille et Lyon étaient régies par un système dérogatoire. Les habitants de ces trois villes votaient pour une liste de conseillers dans leurs arrondissements de résidence. Les élus inscrits en tête des listes victorieuses étaient appelés à siéger au conseil municipal, dont les membres élisaient le maire de la ville lors de leur première réunion.

Deux bulletins, deux urnes

Désormais, c’est le principe « un électeur égale une voix » qui va prévaloir dans ces trois villes. Le même jour : Parisiens, Marseillais et Lyonnais devront voter deux fois, dans deux urnes distinctes. Un premier bulletin pour la liste d’arrondissement, et un second pour choisir directement les membres du conseil municipal, comme dans toutes les autres communes de France. Le conseil élu procédera ensuite à l’élection du maire.

Spécificité lyonnaise : un troisième scrutin sera organisé dans la capitale des Gaules, destiné à élire les conseillers de la métropole de Lyon.

Un renforcement des listes minoritaires

La loi « PLM », portée par le député Renaissance Sylvain Maillard, vise à uniformiser le mode de scrutin entre les communes. Mais elle a été copieusement critiquée par une large partie des oppositions de droite et de gauche, notamment au Sénat. En effet, certains élus estiment qu’elle risque d’amoindrir le rôle des arrondissements, dont les élus ne siégeront plus automatiquement au conseil municipal.

Surtout, l’une de ses dispositions a été pointée du doigt à plusieurs reprises lors des débats parlementaires : la réduction de la prime majoritaire accordée au gagnant. Aujourd’hui, dans chaque commune, la liste qui arrive en tête à l’issue du scrutin emporte une prime majoritaire équivalente à 50 % des sièges au conseil municipal. Les sièges restants sont ensuite répartis entre les listes qui ont obtenu au moins 5 % des suffrages.

Or, la réforme abaisse cette proportion à 25 % à Paris, Lyon et Marseille, ce qui renforcera mathématiquement les oppositions. Il s’agit d’améliorer la représentation des équilibres politiques au sein des conseils municipaux, ce qui explique que ce texte, au-delà des macronistes, ait reçu le soutien du Rassemblement national et de La France insoumise, deux formations qui peinent à s’implanter dans les villes concernées.

Mais d’aucuns redoutent que ce mécanisme ne favorise la fragmentation politique au sein des conseils municipaux, à l’image de ce qu’ils’est passé à l’Assemblée nationale après les législatives anticipées. Ainsi, Paris, Lyon et Marseille, faute de majorités pléthoriques, pourraient devenir plus difficiles à gouverner.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le

France Wildfires
2min

Politique

La France a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’UE : en quoi consiste ce dispositif ?

Face à la multiplication des feux en France, en particulier en Gironde et dans les Landes, le président de la République Emmanuel Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile européen hier soir. Déjà utilisé par le passé à Mayotte ou en Ukraine, ce dispositif permet « de proposer une réponse d’urgence » face aux incendies sur le sol européen.

Le

France Extreme Weather Heat
3min

Politique

Incendie au Cap-Ferret : 10 000 hectares parcourus, 80 maisons brûlées et 40 000 personnes évacuées, « le feu continue de progresser », annonce Laurent Nuñez

Le ministre de l’Intérieur a fait un point de situation, ce vendredi matin, sur « le plus feu gros de la saison » qui menace dangereusement le Cap-Ferret, en Gironde. « Le feu n’est pas maitrisé et continue de progresser », alerte Laurent Nuñez. Au total, 50 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année, « quasiment trois fois » plus que l’an dernier.

Le