Sous pression dans l’affaire Lyhanna, le gouvernement veut afficher sa pleine mobilisation. Sébastien Lecornu a réuni plusieurs de ses ministres ce mardi matin, parmi lesquelles Gérald Darmanin et Laurent Nuñez, tout juste sortis d’une audition parfois tendue au Sénat. Les services de la Justice et de l’Intérieur sont particulièrement pointés du doigt après les défaillances constatées dans le suivi du suspect mis en examen.
A l’issue de cette réunion, le Premier ministre a acté plusieurs mesures qu’il souhaite intégrer dans le projet de loi sur la protection des enfants. Sébastien Lecornu propose de renforcer les peines pour les violeurs en série, qui pourront encourir la perpétuité au lieu des 20 ans de prison maximum actuellement. D’autres crimes et délits pourraient suivre : « Nous ouvrons la concertation pour aller plus loin que la seule question des crimes sexuels contre les mineurs », a-t-il annoncé aux députés ce mardi.
Trois mois pour décider du placement en garde à vue
Autre mesure phare pour les crimes contre enfants : le gouvernement souhaite imposer aux enquêteurs un délai maximal de trois mois pour effectuer les premiers actes d’enquête permettant de décider ou non du placement en garde à vue du présumé coupable. Une réponse directe à l’inaction de la justice face au principal suspect dans la mort de Lyhanna. Accusé de viol par une autre jeune fille, dont la mère a porté plainte en août 2025, Jérôme Barella n’a jamais été entendu par les enquêteurs en neuf mois de procédure.
« Ce sont les instructions du garde des Sceaux par circulaire que nous allons vous proposer de transcrire dans la loi », a précisé Sébastien Lecornu mardi. Cette circulaire de politique pénale générale, parue en janvier 2025, demande aux magistrats d’agir en priorité sur les violences contre les enfants. Le gouvernement estime qu’elle n’a pas été appliquée dans le cas de Jérôme Barella.
Un texte en juillet au Parlement
D’autres mesures sont « en cours de finalisation », selon Matignon, et toutes seront aussi insérées dans le projet de loi sur la protection des enfants, déjà présenté en Conseil des ministres il y a une dizaine de jours et examiné par le Parlement en juillet.
Ces autres propositions concernent notamment la modification des règles de prescription. Le gouvernement propose de réunir les différents groupes pour « bâtir un compromis » sur cette question. Matignon indique également travailler à « la nécessité de motiver les décisions de classement sans suite concernant les crimes et délits sexuels ».