C’est parce qu’il a entendu « les discours du week-end » que Bruno Retailleau a décidé de prendre la parole ce mardi, jour de mobilisation sociale contre la vie chère. Depuis le siège de son parti, le patron de LR et candidat à la présidentielle a d’abord fustigé ce qu’il nomme « des folies démagogiques » de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, à savoir le blocage des prix pour le premier et la baisse de la TVA à 5,5 % pour la deuxième. « Le programme de M. Mélenchon, c’est plus de 332 milliards d’euros de dépenses nouvelles par an ». La proposition de Marine Le Pen coûterait, elle, « 15 milliards par an sans un euro de financement en face ».
Suppression des certificats d’économies d’énergie (CEE)
Face à ses concurrents du bloc central, Gabriel Attal et Édouard Philippe — qu’il estime comptables du bilan d’Emmanuel Macron, « les rafistoleurs » et « les bonimenteurs » —, il propose, lui, « un discours de vérité ». « Je suis le seul candidat qui augmentera le pouvoir d’achat des Français sans un euro de dette en plus », promet-il.
Le sénateur vendéen a ensuite égrené une série de mesures déjà esquissées ces derniers mois. La baisse du prix des carburants, « sans un euro de dette », c’est possible grâce à la suppression des certificats d’économies d’énergie (CEE). Une taxe qui représente environ 15 centimes par litre de carburant.
Fondé sur le principe du pollueur-payeur, le dispositif des « certificats d’économies d’énergie » (CEE), créé en 2005, contraint les fournisseurs d’énergie à financer des actions de réduction de la consommation d’énergie, d’amélioration de l’efficacité énergétique et désormais d’encouragement au développement de la mobilité électrique.
Le prix de l’électricité sera, lui aussi, baissé notamment par la fin des subventions publiques aux énergies renouvelables qui « sont matures », comme l’éolien ou le photovoltaïque. Une proposition qu’il avait déjà émise l’année dernière dans une tribune, mais qui ne fait pas l’unanimité au sein de son parti.
Bruno Retailleau propose aussi d’abroger la troisième loi de programmation pluriannuelle de l’énergie, qui, selon lui, fait la part trop belle aux énergies renouvelables subventionnées et qui aura pour conséquence, selon lui, « de rajouter trois mois de plus sur la facture des Français ». Une position également partagée par Marine Le Pen.
Des propositions sur le logement, identiques à celles de Marine Le Pen
Les propositions du candidat LR retrouvent aussi celles de la candidate RN en matière de logement. On retrouve la même volonté de « lever les verrous normatifs » par la suppression du ZAN (zéro artificialisation nette), de la DPE, de la transformation des bureaux vacants en logement, de durcir la lutte contre les squats.
Toutefois, le patron de LR n’a pas été jusqu’à promettre la priorité nationale pour l’accès au logement social, comme l’a promis Marine Le Pen dimanche.
Un autre levier pour créer un choc dans le secteur consiste à permettre de déduire de l’impôt les intérêts d’emprunt pour un prêt immobilier en fonction du nombre d’enfants. « 50 % de déduction d’intérêt d’emprunt lorsque vous avez un enfant, 75 % pour le deuxième et au troisième enfant, ce sera 100 %. Pour une famille de trois enfants, c’est l’équivalent de 8 ans de mensualités qui seront rendues », a-t-il appuyé. En ajoutant qu’il voulait relancer le prêt à taux zéro pour les primo-accédants.
« Il faut que le travail paye plus »
Enfin, comme il l’avait annoncé en début d’année, la hausse du pouvoir d’achat des Français passera « par le travail ». « Il faut que le travail paye plus », a-t-il souligné en préconisant une baisse massive des charges chiffrée à 30 milliards d’euros dès la première heure de travail, financée par une allocation sociale unique plafonnée à 70 % du SMIC.
Les salariés qui accepteront de travailler « 30 minutes de plus chaque jour » pourront gagner « quasiment deux mois de plus » par an, via une exonération des cotisations salariales et patronales. À partir de la 36e heure travaillée, le brut serait égal au net.
Avant de conclure, le candidat LR a indiqué qu’il annoncerait prochainement des mesures d’économies « sur les normes, les charges, les taxes, les impôts ».