L’Algérie et « les mabouls » : « La politique mollassonne de la diplomatie n’aboutit à rien », dénonce Bruno Retailleau

En dénonçant, hier, « tous les mabouls » qui voudraient « se fâcher avec l’Algérie », le président de la République a semblé viser l’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Le patron de LR lui a répondu au micro de Public Sénat.
Simon Barbarit

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Comme à son habitude, c’est par l’emploi d’un terme suranné qu’Emmanuel Macron a exprimé son opinion. Lundi, en déplacement dans un hôpital de Lavelanet, dans l’Ariège, c’est sur la situation des « praticiens à diplôme hors UE » (« Padhue ») qu’il a fait entendre sa voix. Lors d’un échange avec un médecin originaire d’Oran, le chef de l’Etat a déploré les difficultés auxquelles ces praticiens doivent faire face, à savoir repasser des concours, alors qu’ils contribuent à la lutte contre les déserts médicaux.

« C’est encore le bordel. C’est un truc qui me rend dingue ! C’est la folie du système français. C’est des gens remarquables qu’on fait bosser, qui font de la médecine, qui sont à l’hôpital et, le jour où il faut les titulariser […] on repart tout de zéro, il faut passer un concours pour emmerder le monde. On a besoin de ces femmes et ces hommes qui servent notre pays », a-t-il relevé avant de lâcher le mot qui fâche. « Allez dire à tous les mabouls qui nous expliquent qu’il faudrait se fâcher avec l’Algérie ».

L’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, adepte d’une ligne très ferme avec le pouvoir Algérien, a pris le qualificatif pour lui, et a répliqué sur X, même si le chef de l’Etat a assuré qu’il « ne visait personne ».

A la sortie de la réunion de groupe hebdomadaire du groupe LR, Bruno Retailleau a, une nouvelle fois, qualifié, de « faux prétexte » la situation des médecins algériens. « Le problème n’est pas les médecins qui viennent d’autres pays pour combler nos propres déficits ». « Ce qui est incroyable avec le président de la République, et je ne me l’explique pas, c’est cette complaisance vis-à-vis du régime algérien », a-t-il déclaré. Le patron de LR a ensuite rappelé les condamnations des écrivains Boualem Sansal et  Kamel Daoud pour avoir usé de leur liberté d’expression mais aussi le nom respect par Alger des accords franco-algériens de 1968 et de 1994.

« Ce régime essaye de prendre le prétexte de la colonisation française »

« Je distingue le régime du peuple algérien. Ce régime essaye de prendre le prétexte de la colonisation française pour s’exonérer de ses échecs vis-à-vis de sa propre population. Je vois bien que la politique mollassonne de la diplomatie française n’aboutit à rien », a-t-il dénoncé en rappelant que journaliste français Christophe Gleizes était toujours détenu dans la prison de Tizi Ouzou. « En matière de relations internationales, la réciprocité, ça compte. Et je pense que seule une ligne de fermeté pourra permettre de rééquilibrer les rapports entre l’Algérie et la France », a-t-il conclu.

Quand au bilan de cette ligne adoptée par Bruno Retailleau lorsqu’il était à Beauvau, il est plutôt contrasté. Depuis avril 2025, l’Algérie a systématiquement refusé d’accueillir sur son territoire ses ressortissants frappés d’une mesure d’éloignement forcée en France. Le successeur de Bruno Retailleau à l’Intérieur, Laurent Nunez, tente depuis cet automne de renouer le contact avec les autorités algériennes. « Ça passera par une re-discussion avec nos partenaires algériens sur un certain nombre de sujets », avait-il déclaré devant le Sénat en novembre dernier avant d’évoquer la piste d’une renégociation de l’accord franco-algérien de 1968 et celui de 1994 ». Il a depuis effectué une visite de deux jours à Alger en février.

« Sans résultat, vous avez au moins la possibilité de sauver l’honneur. Mais vous avez toujours la possibilité d’ajouter le déshonneur à la faiblesse. C’est bien ce que font M. Nunez et le gouvernement », a taclé le sénateur LR, Max Brisson.

 

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