Mouvements des lycéens : « Je comprends les raisons de la colère, mais je dénonce toutes les formes de violence », réagit Patrick Kanner

Questionné sur la colère lycéenne, le président du groupe socialiste, ministre en charge de la Jeunesse de 2014 à 2027, considère que la « bouteille est en train d’exploser », tout en qualifiant d’ « insupportables » les scènes d’enseignants frappés.
Rédaction Public Sénat

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« Si les lycéens sont dehors, mais aussi maintenant les étudiants manifestement, c’est qu’il y a des échecs successifs sur la politique éducative qui a été menée dans ce pays depuis 10 ans. » Patrick Kanner, le président des sénateurs socialistes, réélu hier, par 39 voix contre 19, explique le mouvement de colère dans les lycées par les choix politiques du double quinquennat d’Emmanuel Macron.

« La bouteille est en train d’exploser et, bien évidemment, je comprends les raisons de la colère, mais je ne comprends sûrement pas, et je dénonce, toutes les formes de violence notamment quand je vois des enseignants pourchassés, frappé. Pour moi, c’est insupportable. Ça veut dire que cette république aujourd’hui est en train de perdre ses repères », a-t-il cependant ajouté, alors que le mouvement prend de l’ampleur et radicalise, par endroits.

« En attisant les flammes, on crée une situation insurrectionnelle dans ce pays »

Interrogé sur le rôle des élus insoumis dans les débordements et les violences, Patrick Kanner a estimé que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a attisé les flammes. « Je regrette qu’un grand parti politique, LFI, aujourd’hui soit manifestement peut-être sinon débordé, en tout cas, je constate qu’en attisant les flammes, on crée une situation insurrectionnelle dans ce pays. C’est ce qu’ils souhaitent, mais c’est absolument là aussi inacceptable. »

L’ancien ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports a également ciblé au cours de l’interview le Rassemblement national. Au cours de la soirée électorale des sénatoriales, le sénateur du Nord avait assimilé le groupe RN-UDR (Union des droites pour la République), à un « musée des horreurs ». En réaction, Marine Le Pen a dénoncé des « propos injurieux ». Quant à Éric Ciotti, le patron de l’UDR, il a réclamé des sanctions à l’égard du sénateur. « C’est le musée des horreurs politiques parce que, oui, la préférence nationale c’est une horreur politique. La fin de la loi SRU pour le logement social c’est une horreur politique. Le voile interdit aux femmes musulmanes dans un pays qui respecte la laïcité, c’est une horreur politique […] S’il estime que c’est une insulte, qu’il le prouve », a répliqué Patrick Kanner.

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