Municipales 2026 : au moins 42 % des maires sont prêts à se représenter, selon une étude
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Municipales 2026 : 61 % des maires ont été victimes d’incivilités depuis 2020, selon une étude

À moins d’un an du scrutin municipal, 42 % des maires ont l’intention de solliciter une nouvelle fois la confiance des électeurs, malgré un sentiment d'insécurité assez répandu. C’est le résultat d’une vaste enquête conduite par le Cevipof, en collaboration avec plusieurs associations d’élus.
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À moins d’un an des municipales de mars 2026, le tableau général sur l’état d’esprit des maires n’est « ni sombre, ni alarmant, il est juste réaliste ». C’est en ces termes que résument Martial Foucault (professeur des universités à Sciences Po et chercheur au Cevipof) et Éric Kerrouche (directeur de recherche CNRS au Cevipof et sénateur PS) les résultats d’une vaste enquête sur les intentions des maires, menée au mois de mars auprès de plus de 5200 d’entre eux. Elle a été réalisée en partenariat avec plusieurs associations d’élus et les deux délégations parlementaires aux collectivités locales.

Les données concernant leur volonté de se représenter ou non est globalement proche des niveaux qui ont été mesurés en octobre 2019, mais ce sondage était davantage proche de l’échéance électorale. À ce jour, 42 % des maires se déclarent prêts à se présenter (48 % en 2019, à cinq mois du scrutin), et 28 % sont « fermement décidés » à ne pas rempiler, un pourcentage similaire à ce qui était observé il y a six ans.

Les 30 % restants sont indécis et n’ont pas encore pris de décision, attendant de voir comment les choses évoluent ou si l’envie est toujours là dans quelques mois. Ils étaient 23 % dans cette situation en octobre 2019, cinq mois avant le scrutin. Pour les deux auteurs de la synthèse de l’étude, ces chiffres témoignent avant d’un « climat d’incertitude » et sont « loin d’un renoncement généralisé ».

61 % des maires interrogés ont été victimes d’incivilités depuis 2020

Chez les près de 60 % qui abandonnent leur mairie ou qui sont encore indécis, deux raisons arrivent en tête dans les motivations d’ordre institutionnel. Les maires citent le manque de ressources financières (17 %) – un grief répandu depuis la suppression de la taxe d’habitation – et l’exigence trop forte des citoyens (15 %).

Sur des motifs plus personnels, les maires mettent en avant le sens du devoir accompli (20 %), mais aussi le sentiment d’insécurité et de surexposition face aux comportements des citoyens (19 %). Concernant les incivilités, 61 % des maires interrogés précisent avoir été victimes depuis 2020 d’actes d’incivilité, 36 % de menaces verbales et écrites, 33 % d’insultes et d’injures, et 25 % d’attaques sur les réseaux sociaux. L’étude relève néanmoins que ce climat « semble se stabiliser après trois années consécutives de hausse ».

70 % des maires des communes de plus de 9000 habitants sont prêts à se représenter

La taille de la commune est un facteur déterminant dans le choix des maires à se représenter ou non. Ainsi, 70 % des maires des communes de plus de 9000 habitants se disent prêts à se représenter aux élections l’an prochain, alors qu’ils ne sont que 37 % dans le cas des plus petits villages, de moins de 500 habitants.

Selon les deux chercheurs, cet écart dans les communes non pourvues de services techniques, où les maires sont bénévoles ; est révélateur des « charges administratives vécues comme écrasantes » ou encore d’un « isolement plus pesant ». Souvent réticents à briguer un nouveau mandat, ces maires ont le sentiment d’être éloignés des centres de décision. « Pour beaucoup, l’engagement municipal est devenu un sacerdoce, pour lequel la reconnaissance fait souvent défaut », notent les deux auteurs de l’étude.

L’enquête révèle également que la sociologie des maires pourrait évoluer l’an prochain. Actuellement un maire sur deux est retraité, mais cette proportion pourrait être amenée à diminuer. En effet, 33 % des maires retraités se disent prêts à continuer, contre 53 % chez les maires toujours en activité. Martial Foucault et Éric Kerrouche notent que cela peut être interprété comme un « futur signe de rajeunissement de la fonction » mais que ce point interroge sur la capacité des citoyens actifs à prendre le relais, en notant qu’il est parfois difficile de concilier une vie professionnelle avec un engagement municipal. « Le faible pourcentage de maires retraités à vouloir continuer apparaît comme un signal d’alerte », écrivent-ils.

Sur la base des témoignages reçus, ils relèvent que cette forme de citoyenneté est devenue un « sacerdoce, pour lequel la reconnaissance fait souvent défaut ». Le lien aux territoires des maires reste fort, de même que leur attachement « à l’action concrète sur le terrain », « mais pour beaucoup ce moteur » tourne à vide, alertent les deux auteurs. « Si les maires venaient à déserter massivement leurs fonctions, c’est tout un pan du pacte républicain qui pourrait définitivement vaciller », écrivent-ils en conclusion.

Méthodologie : En partenariat avec le ministère de l’Aménagement du territoire et de la décentralisation, l’Association des Maires de France, l’Association des maires ruraux de France, l’Association Villes de France, l’Association des petites villes de France, Intercommunalités de France, France Urbaine, les délégations collectivités territoriales et décentralisation du Sénat et de l’Assemblée nationale, l’enquête a été envoyée à 34 690 maires entre le 3 et 31 mars 2025 et administrée en ligne via la plateforme Sphinx.

D’une durée de 12 minutes, l’enquête a recueilli 5 266 réponses (soit un taux de réponse de 15,2 %). La représentativité de l’échantillon est garantie pour toutes les communes de – de 9 000 habitants et plus faible pour les communes au-dessus de 9 000 habitants.

Le traitement anonyme des données respecte le protocole RGPD et ne fait l’objet d’un aucun traitement permettant d’identifier les répondants.

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