Le parti à la flamme consolide ses bastions historiques. Avec une participation d’environ six électeurs sur dix, les municipales 2026 ont permis au RN de mesurer sa force électorale sur le terrain local. Dans plusieurs villes de taille moyenne et bastions historiques, les candidats d’extrême droite se sont illustrés au premier tour. Louis Alliot a été réélu maire de Perpignan avec 51,4% des voix, Steeve Brivois a conservé Hénin-Beaumont avec 78,25%, et Nelson Chaudon a été reconduit à Beaucaire avec près de 60% des suffrages. Le parti à la flamme, dirigé par Jordan Bardella met en avant ces succès comme un signal de confiance : « Ces résultats révèlent une attente que nous savons immense », a déclaré le président du RN. Il a également annoncé que tous les candidats en capacité de se maintenir le feront et a tendu la main aux listes de droite et indépendante pour le second tour, insistant sur le refus « du désordre de l’extrême gauche et de la dilution dans le macronisme ». À Fréjus, David Rachline a également été réélu dès le premier tour.
L’obstacle des grandes métropoles
Si le RN réalise des percées solides dans les villes moyennes et certaines villes du Sud, la conquête des grandes métropoles reste plus incertaine. À Marseille, Franck Allisio arrive au coude-à-coude avec le maire socialiste sortant Benoît Payan, avec respectivement 35,1% et 35,6% des voix. Le second tour s’annonce ouvert, avec la qualification de deux autres listes ayant dépassé les 10% nécessaires pour se maintenir. Le candidat de la France insoumise, Sébastien Delogu a appelé sur X à « la constitution d’un front antifasciste pour empêcher le Rassemblement national de conquérir Marseille », affirmant « tendre la main » au maire sortant. De son côté, le RN avait proposé une « union » à la candidate de droite et du centre Martine Vassal, pour le second tour. elle-ci ayant décliné l’offre, Franck Allisio a directement appelé les électeurs à trancher. Lors d’une prise de parole dimanche soir, la tête de liste RN a estimé que « le résultat de ce soir est bien plus qu’un score électoral, c’est une promesse ».
Dans un autre grand port du Sud convoité par l’extrême droite, à Toulon, Laure Lavalette domine avec 41,7%, mais devra affronter une triangulaire au second tour. Du côté de Nice, le combat fratricide entre les deux anciens proches, a placé Éric Ciotti, le candidat soutenu par l’UDR et le RN devant Christian Estrosi, le maire sortant (Horizons) avec 43,5% contre 30,7%. Dans les grandes villes, le parti est souvent confronté à une opposition plurielle qui complique la conquête de la mairie dès le premier tour.
Des victoires en demi-teinte
Le RN concentre ses efforts sur les villes de 10 000 à 50 000 habitants, où il peut capitaliser sur ses bons scores aux élections législatives et européennes. Outre Perpignan, le parti est en tête dans des communes comme Carcassonne (34,2%), Agde, Menton ou Cagnes-sur-Mer, où le jeune député Bryan Masson, élu au premier tour, a remporté 50,21% des voix, mettant fin au règne du maire LR Louis Nègre. Dans le Nord, les bastions traditionnels des Hauts-de-France restent des zones prioritaires pour le parti à la flamme. À Douai, Thierry tesson (RN) obtient 29% des voix, tandis que Lens échappe au RN au profit du maire PS sortant Sylvan Robert qui remporte la ville dès le premier tour.
Vers l’union des droites au second tour ?
Si le RN confirme sa progression et peut se maintenir dans un nombre important de communes pour le second tour, le parti reste confronté à des choix stratégiques cruciaux. Jordan Bardella, lors de sa prise de parole, « tend la main à des listes de droite sincère ». On y entend qu’un rapprochement avec Les Républicains pourrait être envisagé dans certaines villes pour contrer l’extrême gauche ou consolider les chances de victoire. Cette question des alliances sera déterminante pour transformer la poussée électorale du RN, qui reste dépendant des alliances pour des résultats effectifs au niveau municipal. « Le changement commence dès dimanche prochain« , ajoute le président du Rassemblement national.