Canicule : 50% du Fonds vert seront en priorité fléchés vers « les collectivités de petite taille », annonce Monique Barbut

Alors que la France étouffe sous une vague de chaleur historique, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a été bousculée ce mercredi au Sénat. Face à la baisse drastique du Fonds vert, elle a annoncé le fléchage prioritaire de 50 % des crédits restants vers les petites collectivités pour financer des travaux d’adaptation et de rénovation énergétique.
Romain David

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« Nous n’avons pas été à la hauteur, au niveau mondial, des efforts qu’il aurait fallu faire pour éviter de vivre les extrêmes que nous vivons aujourd’hui ». Ce mercredi, dans l’hémicycle du Sénat, Monique Barbut la ministre de la Transition écologique, a esquissé un mea culpa sur le rôle des responsables politiques face au dérèglement climatique. Refusant toutefois les procès en inaction, elle a estimé que « l’on ne pouvait pas dire que l’Etat n’avait rien fait ». Elle a notamment fait valoir les trois plans nationaux d’adaptation au changement climatique qui ont été mis en œuvre ces dernières années. Une démonstration qui n’a pas vraiment convaincu les parlementaires.

Alors que la France affronte des températures parmi les plus hautes jamais relevées, point d’orgue d’une canicule exceptionnelle par son intensité et sa durée, la ministre aussi a eu chaud ce mercredi. Mais pas nécessairement pour les mêmes raisons. Pendant plus d’une heure, elle s’est retrouvée sur le gril des sénateurs, interpellée à six reprises à l’occasion de la séance hebdomadaire de questions d’actualité.

« Un mur d’investissements, tant pour l’Etat que pour les territoires et les individus »

Les élus ont notamment déploré la baisse du Fonds vert, un mécanisme mis en place pour accompagner les collectivités territoriales vers la transition écologique, mais dont les crédits sont passés de 2,4 milliards d’euros en 2024 à 837 millions en 2026. « Les collectivités, c’est vrai, sont très démunies, je pense aux plus petites d’entre elles », a-t-elle concédé, évoquant « un mur d’investissements, tant pour l’Etat que pour les territoires et les individus ».

Elle a annoncé que d’ici la fin de l’année, 50 % des crédits du Fonds vert seraient prioritairement fléchés vers « des collectivités locales de petite taille » pour faciliter des travaux d’adaptation et de rénovation énergétique.

« Devons-nous climatiser ? La réponse est oui »

Tandis que le débat politique se focalise sur la climatisation depuis plusieurs jours, le sénateur LR François Bonhomme a fait remarquer à Monique Barbut que « sur le site internet de [son] ministère, la rubrique aides aux communes pour la rénovation énergétique des bâtiments scolaires exclut formellement les systèmes de climatisation électrique. » « Si la question est, devons-nous climatiser ? La réponse est oui », lui a lancé la ministre.

En revanche, elle s’est montrée plus floue quant à savoir si ce type d’installation pouvait être financé par des deniers publics. « Il n’y a pas que de l’argent public à mettre en jeu dans ces opérations-là. […] Si vous voulez équiper les écoles, par exemple, vous mettez des panneaux solaires sur les toits. Vous attachez à ces panneaux solaires une batterie qui va alimenter des pompes à chaleur réversible, et donc vous permettre de faire de la climatisation », a-t-elle expliqué. « Pour financer, vous mettez en place un tiers payant, c’est-à-dire que des établissements financiers vont faire l’avance aux collectivités et c’est au travers des économies d’énergie que les collectivités pourront rembourser les banques. Voilà, c’est un système qui vous permet d’équiper la totalité des écoles, si vous le souhaitez, sans coût pour l’Etat et sans coût pour les collectivités. »

Cette argumentation n’a pas été du goût des élus. « Le Fonds vert a été divisé par trois », a rappelé la communiste Céline Brulin. « Je crois que le gouvernement n’aurait qu’une chose à annoncer aujourd’hui, c’est d’y remettre les crédits plutôt que de nous expliquer comment installer un panneau solaire ou une pompe à chaleur », a-t-elle étrillé sous un tonnerre d’applaudissements.

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