« La refondation de l’école est un préalable à la refondation du pays », estime le sénateur Max Brisson. Élaboré notamment avec ce dernier, sénateur et secrétaire national des Républicains chargé du projet éducation, le programme de Bruno Retailleau s’articule autour de quatre grandes priorités : les enseignants, la transmission des savoirs, la liberté des établissements et l’autorité.
Des enseignants mieux payés, mais surtout mieux considérés
Pour Bruno Retailleau, la réforme de l’école passe d’abord par ceux qui la font vivre au quotidien. Le candidat entend revaloriser significativement les salaires des enseignants, avec l’objectif de rapprocher leur rémunération de la moyenne européenne. Mais, pour Max Brisson, augmenter les salaires ne suffira pas à enrayer la crise d’attractivité du métier. « On va parler rémunération et augmentation des salaires. C’est indispensable, mais insuffisant si on ne modifie pas la gestion des ressources humaines », explique-t-il.
Le programme de Bruno Retailleau souhaite ainsi réformer en profondeur les règles d’affectation et de progression de carrière, aujourd’hui largement fondées sur l’ancienneté et les barèmes. Un système qui, selon Max Brisson, pénalise particulièrement les jeunes enseignants. « Les professeurs soit ne rentrent pas, soit s’en vont », souligne-t-il. La rémunération ne constitue donc, à ses yeux, « qu’un facteur » d’attractivité. Sans évolution de la gestion des carrières et des affectations, une hausse des salaires ne suffirait pas à fidéliser les enseignants.
Moins de « pédagogisme », davantage de transmission
C’est l’un des marqueurs idéologiques du projet de Bruno Retailleau, remettre la transmission des connaissances au centre de l’école. Le programme défend une conception plus traditionnelle du métier d’enseignant, fondée sur une distinction claire entre le rôle du professeur et celui de l’élève. « Le professeur sait et l’élève apprend », résume Max Brisson. Le sénateur Les Républicains et ancien professeur revendique « une approche traditionnelle » du métier, dans laquelle l’enseignant est avant tout un « passeur de savoir », plutôt qu’un « animateur ». L’équipe de Bruno Retailleau entend ainsi rompre avec ce qu’elle qualifie de « pédagogisme » et redonner au professeur une place centrale dans la transmission des connaissances.
Cette orientation passe également par une remise en cause du « collège unique », présenté par les défenseurs du projet comme l’une des causes des difficultés scolaires, de l’échec et du décrochage. Bruno Retailleau propose notamment de rétablir un examen d’entrée en sixième, de développer les groupes de niveau et de mettre en place des dispositifs permettant aux élèves de rattraper les connaissances qui n’auraient pas été acquises à l’école primaire. « On assume le fait que tous les élèves ne progressent pas au même rythme », explique Max Brisson. « Tous les jeunes n’ont pas les mêmes talents et les mêmes manières d’accomplir la connaissance. »
Le programme prévoit également de remettre en cause le passage automatique d’une classe à l’autre. Les conseils de classe auraient davantage leur mot à dire dans les décisions de passage, tandis que les enseignants verraient leur rôle renforcé.
Sortir d’une école jugée trop centralisée
Bruno Retailleau veut également desserrer l’étau administratif autour des établissements scolaires. Son équipe critique un système jugé excessivement centralisé, dans lequel les principales décisions sont prises au niveau national. « Nous sommes le seul pays où le système est géré depuis un ministère omnipotent », dénonce Max Brisson. Le candidat LR souhaite donc donner aux établissements une autonomie beaucoup plus large, afin qu’ils puissent élaborer des projets pédagogiques adaptés aux besoins de leurs élèves et aux réalités locales. L’objectif est de « donner un vrai projet pédagogique qui correspond à la réalité de ces élèves », résume le sénateur.
Pour les établissements souhaitant aller plus loin, Bruno Retailleau propose par ailleurs la création de 1 000 établissements publics « libres ». Ces structures reposeraient sur le volontariat des enseignants, des parents et des élèves et bénéficieraient d’une plus grande liberté d’organisation. Elles pourraient notamment adapter les programmes, les cycles scolaires, le rythme de travail ou encore le calendrier des vacances.
Face aux perturbateurs, le retour de l’autorité
Dernier volet, et autre marqueur fort du projet : restaurer l’autorité à l’école. Bruno Retailleau souhaite renforcer les prérogatives des chefs d’établissement et des conseils de discipline, considérant que leurs pouvoirs sont aujourd’hui insuffisants face aux comportements les plus perturbateurs. « On a réduit les attributs d’autorité du chef d’établissement », estime Max Brisson. Pour l’équipe de campagne, la priorité est désormais de protéger « les enfants qui travaillent et l’école face à des jeunes qui refusent les règles de l’école ».
Le projet prévoit notamment la création d’établissements de réinsertion scolaire destinés aux élèves de moins de 16 ans faisant l’objet d’exclusions répétées. L’objectif est d’éviter qu’un élève perturbateur soit simplement déplacé d’un établissement à l’autre, sans qu’une réponse éducative spécifique ne lui soit apportée. Le candidat Les Républicains propose également la mise en place d’un « contrat d’engagement des parents ». Celui-ci rappellerait que l’école fonctionne selon des règles qui « s’imposent et ne peuvent pas se discuter », tout en précisant les droits et les devoirs des familles.
À travers ces quatre orientations, la revalorisation des enseignants, le retour à la transmission des savoirs, l’autonomie des établissements et restauration de l’autorité Bruno Retailleau entend faire de l’école l’un des piliers de son projet présidentiel.