Pour le moment, ils sont sept candidats sur la ligne de départ de la primaire organisée entre le Parti socialiste et Place publique, qui se tiendra en deux tours les 9-10 et 16-17 octobre : le leader de Place publique, Raphaël Glucksmann, les députés Jérôme Guedj et Philippe Brun et l’ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal, le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, mais aussi l’ex-maire de Châteaudun (Eure-et-Loir) Fabien Verdier, et le chef du petit parti Gauche républicaine et socialiste (GRS) Emmanuel Maurel.
« Et même si Raphaël Glucksmann est, pour l’instant, le favori de son camp dans les enquêtes d’opinion, cette primaire est plus que nécessaire et ne sera pas source de division », veut croire le secrétaire général du Parti socialiste Pierre Jouvet, invité de la matinale de Public Sénat, « Bonjour chez vous ».
« Les Françaises et les Français ne voteront pas à l’élection présidentielle pour les clones d’Emmanuel Macron »
« Parce que je crois que ce qui est important, c’est d’avoir un débat entre candidats, qui vont avoir des lignes et des orientations qui seront exprimées dans différents débats. À priori, il y aura trois débats dans ce grand moment démocratique (…) Je pense qu’il est sain de ne pas simplement voir les élections à l’aune des sondages », a justifié ce proche d’Olivier Faure.
Toutefois, avec une cotisation de 15 euros, ou de 10 euros selon les revenus, que devront s’acquitter les votants pour participer au vote, la participation devrait rester très en deçà des deux millions de votants que le PS a connus en 2017. « Les militants socialistes ont fait un autre choix. Ce n’était pas le mien. Mais maintenant, c’est ainsi. Et donc, je ne veux pas rajouter la question financière dans ce débat », a-t-il balayé.
Pour autant, Pierre Jouvet fixe comme objectif au candidat ou à la candidate représentant « les socialistes, la sociale-écologie », une qualification pour le second tour « pour gagner l’élection ». « J’ai une conviction très forte, c’est que les Françaises et les Français ne voteront pas à l’élection présidentielle pour les clones ou pour les anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron », a-t-il taclé en visant spécifiquement Gabriel Attal et Édouard Philippe.
« Je sais aussi que Jean-Luc Mélenchon paraît aujourd’hui, à tort ou à raison, plus inquiétant encore que l’extrême droite (…) et croyez-moi, qu’en homme de gauche, ça me désespère de voir ça », a-t-il ajouté.
Le petit tour de piste de François Hollande « prendra fin à Noël »
Reste un dernier challenger, François Hollande, lui aussi tenant d’une ligne sociale-démocrate, qui a fait le choix de ne pas participer à la primaire. « Je pense que François Hollande ne sera pas candidat à l’élection présidentielle et qu’il le sait et que dans toutes les rédactions, tout le monde le sait. François Hollande, il n’a pas d’espace politique pour être candidat à l’élection présidentielle. Dans un mois, les socialistes auront un candidat ou une candidate à l’élection présidentielle et tous les socialistes soutiendront ce candidat ou cette candidate à l’élection présidentielle. Donc François Hollande, il peut espérer que son camp politique perde. Mais je crois que c’est un homme politique raisonnable, responsable et que ce petit tour de piste, si je puis me permettre, prendra fin à Noël ».
Pour conclure, Pierre Jouvet se fait peu d’illusions sur la possibilité, pour l’ancien chef d’État, de soutenir Olivier Faure, si le Premier secrétaire sortait vainqueur de la primaire.
« Je constate que les propositions qui, pour l’instant, sont mises sur la table par François Hollande, comme par exemple le retour de la TVA sociale (…) sont aux antipodes de ce que nous proposons avec Olivier Faure dans cette primaire ».