Présidentielle 2027 : « Jean-Luc Mélenchon a prouvé ces dernières années qu’il était plutôt celui qui fracture la gauche », estime Pierre Jouvet (PS) 

Invité de la matinale de Public Sénat, le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet défend l’organisation d’une primaire de la gauche non LFI pour désigner un candidat commun pour 2027. Il considère également que Jean-Luc Mélenchon « ne fera pas gagner la gauche ».
Henri Clavier

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« Oui, les choses avancent », veut croire Pierre Jouvet, député européen et secrétaire général du Parti socialiste, au lendemain du rassemblement de la gauche hors LFI à la Bellevilloise. Pourtant, les partisans de la primaire, issus du PS, des Écologistes de Génération. s ou de l’Après n’ont toujours pas trouvé la bonne formule. Depuis le lancement du projet, Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon ont catégoriquement refusé de participer à cette primaire. Sans les deux favoris des sondages à gauche, la primaire cherche encore sa formule alors que le Parti socialiste n’a pas encore tranché sur sa participation ou non à la primaire et que des doutes émergent chez les Écologistes. 

« La division, ça fait perdre » 

Malgré ces hésitations et le faible engouement suscité par l’offre « unitaire », Pierre Jouvet en fait un impératif pour espérer peser à gauche. « Je considère que deux offres politiques à gauche au premier tour d’une élection présidentielle n’est pas illogique, qu’il y ait plus de deux offres à gauche est une erreur funeste », affirme Pierre Jouvet qui martèle que « la division, ça fait perdre ». Partant de ce constat, le député européen veut croire que les autres composantes de la gauche, notamment Raphaël Glucksmann, devront se rallier à la logique d’une primaire. « Ils y seront contraints », assure-t-il. 

Malgré cela, le Parti socialiste n’est pas encore pleinement engagé dans le processus de la primaire qui doit se tenir le 11 octobre. Le chef de file des députés socialistes, Boris Vallaud, incontournable dans le système de prise de décision du parti, s’oppose à l’organisation d’une primaire. Le secrétaire général du PS assure d’ailleurs qu’en cas de participation à la primaire, un vote interne déterminera le candidat. « Non ce n’est pas forcément Olivier Faure, il y aura un vote », explique le député européen. Dans cette équation incertaine, d’autres ténors pourraient venir perturber le processus, notamment François Hollande. « Il est dans un moment où il pense qu’il sera candidat si tout s’écroule », souffle Pierre Jouvet qui ne croit pas à une candidature de l’ancien président de la République.

« Jean-Luc Mélenchon a prouvé ces dernières années qu’il était plutôt celui qui fracture la gauche » 

Autre caillou dans la chaussure de la gauche unitaire, Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 ce dimanche 3 mai. « C’était un secret de polichinelle, ce que je constate c’est qu’il a voulu accélérer parce qu’il voit bien que la gauche et les écologistes sont en train de se rassembler », juge Pierre Jouvet. Pour les partisans de la primaire, Jean-Luc Mélenchon, bien qu’il soit arrivé en tête à gauche aux élections de 2017 et de 2022, « ne fera pas gagner la gauche ». « Jean-Luc Mélenchon a prouvé ces dernières années qu’il était plutôt celui qui fracture la gauche […] s’il était qualifié au deuxième tour, c’est le meilleur moyen de faire gagner l’extrême droite », lance Pierre Jouvet. En dépit de ce discours, le secrétaire général du PS ne se résout pas à une victoire du Rassemblement national en 2027 : « J’ai des doutes, je pense que Jordan Bardella est un mauvais candidat, c’est une baudruche politique. Une élection présidentielle ce n’est pas simplement une accumulation de vidéos sur TikTok ».

Malgré leurs différences, ce cadre du PS reconnaît des convergences de point de vue avec LFI et son leader sur certains sujets, la taxation des superprofits de Total Énergies par exemple. « J’en ai beaucoup des points communs sur le fond avec Jean-Luc Mélenchon, c’est normal c’est la gauche », assure Pierre Jouvet.

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