Une droite divisée jusqu’au bout. Les Républicains soutenaient initialement la liste centriste du président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier (Renaissance). Mais la sénatrice sortante Valérie Boyer, proche de Bruno Retailleau, a finalement choisi de partir seule, avec le soutien du candidat LR à la présidentielle. Une dissidence assumée malgré les efforts du président du Sénat Gérard Larcher, chantre de l’alliance droite-centre, qui avait pourtant apporté son soutien à la liste d’union menée par Renaud Muselier. Cette dispersion, renforcée par la candidature dissidente du maire de Gardanne Hervé Granier, faisait craindre à la droite la perte d’un siège. Ce ne fut finalement pas le cas.
La gauche unie confirme ses trois sièges, sans en gagner un quatrième
Le trio de gauche arrive en tête du scrutin. « Ce soir, la liste de Jérémy [Bacchi] est arrivée première, et ça veut dire quelque chose », s’est félicité le maire socialiste de Marseille, Benoît Payan. Conduite comme en 2020 par le communiste Jérémy Bacchi (PCF), suivi de la socialiste Marie-Arlette Carlotti et de l’écologiste Guy Benarroche, la liste d’union voit ses trois sortants réélus sans grande surprise. Portée par les voix du Printemps marseillais, elle espérait pourtant décrocher un quatrième siège : le pari n’est pas transformé. « Le RN a fait une poussée historique, mais ce soir nous aurions une sénatrice de plus si certains n’avaient pas joué aux apprentis sorciers », a tancé Benoît Payan, visant la division à droite.
Renaud Muselier accède enfin au Sénat
Après l’échec de la droite et du centre aux municipales à Marseille, Renaud Muselier avait surpris en annonçant vouloir quitter la présidence de la Région pour rejoindre les salons feutrés du Sénat. Contraint par la règle de l’alternance femme-homme, il a dû se résoudre à la deuxième place sur la liste d’union menée par l’Aixoise et sénatrice sortante Brigitte Devésa (UDI), soutenue par Renaissance, Les Républicains et Gérard Larcher.
L’essai est transformé, la liste remporte deux sièges. Renaud Muselier fait ainsi son entrée au Palais du Luxembourg, au terme d’un parcours passé par la mairie de Marseille, l’Assemblée nationale, le conseil régional, le Parlement européen et le ministère des Affaires étrangères.
Valérie Boyer récompensée d’avoir fait cavalier seul
En choisissant de mener sa propre liste plutôt que de rejoindre en troisième position le rassemblement de centre-droit, la sénatrice Les Républicains Valérie Boyer prenait un risque. Il est payant, elle réunit suffisamment de grands électeurs pour conserver son siège. Son colistier Hervé Granier, maire de Gardanne, n’accède en revanche pas au Sénat.
Le RN remporte deux sièges
À l’extrême droite, la bataille opposait deux listes. Le sénateur sortant Stéphane Ravier, figure historique du mouvement à Marseille mais parti sans investiture après avoir quitté le RN puis Reconquête, espérait sauver son siège. C’est finalement Marie-Pierre Callet, ancienne cinquième vice-présidente LR du département passé au RN cette année, qui l’emporte, avec le soutien du Rassemblement national et de l’UDR d’Éric Ciotti. Sa liste décroche même un second siège, pour Fabien Bravi. Pour Franck Allisio, député RN des Bouches-du-Rhône, ce résultat traduit la confiance des élus locaux et s’inscrit, selon lui, comme « la première étape vers la présidentielle ».