C’est historique. Le Rassemblement national obtient pour la première fois un groupe au Sénat, au soir des élections sénatoriales, ce dimanche 27 septembre. L’objectif que s’était fixé dès septembre 2025 le parti de Marine Le Pen et de Jordan Bardella est atteint. Le RN n’avait jusqu’ici que 3 sénateurs, avec Christopher Szczurek (Pas-de-Calais), Joshua Hochart (Nord) et Aymeric Durox (Seine-et-Marne). Ce soir, avec 11 nouveaux sénateurs élus, ils sont assurés d’atteindre le nombre de 10 sénateurs, seuil nécessaire pour former un groupe au Sénat.
« C’est une victoire historique », salue Marine Le Pen
« Pour la première fois de son histoire, le Rassemblement National va constituer, avec ses alliés de l’UDR du président Eric Ciotti, un groupe au Sénat », a annoncé sur X Jordan Bardella, président du RN.
« C’est une victoire historique et une étape majeure qui est franchie avec la constitution pour la première fois d’un groupe au Sénat. Les résultats vont au-delà de ce que nous pouvions espérer, la percée est générale, confirmant l’accélération de l’implantation du Rassemblement national sur tout le territoire. Avec nos alliés de l’UDR, nos sénateurs seront un relais essentiel dans la campagne présidentielle pour porter et défendre la voix des territoires et les remettre dans quelques mois au cœur des priorités et des politiques publiques », a réagi à son tour Marine Le Pen.
« C’est un message puissant », s’est réjoui depuis les Alpes-Maritimes Eric Ciotti, « on avance, on gagne des points ». L’ancien président des LR évoque même « d’autres (sénateurs) qui, dès ce soir, vont annoncer qu’ils pourraient nous rejoindre ».
« Il n’y a plus de plafond de verre »
Dans le détail, le parti d’extrême droite remporte 2 sièges dans les Bouches-du-Rhône (mais l’ex-RN Stéphane Ravier n’est pas réélu), 2 dans les Alpes-Maritimes, avec l’allié UDR, qui loupe le troisième siège de peu, 2 dans le Var, ce qui constitue un très bon résultat, 1 dans le Vaucluse, 1 dans l’Hérault, 1 dans le Gard, 1 en Gironde, avec la députée Edwige Diaz, et 1 en Seine-Maritime, une surprise.
Dans la salle des conférences, au Sénat, le vice-président du RN, Sébastien Chenu, ne cache pas sa joie. « Il n’y a plus de plafond de verre », se félicite le député. « C’est une élection de plus vers notre marche pour la conquête du pouvoir et la présidentielle », ajoute Sébastien Chenu, « c’est un coup d’accélérateur pour la présidentielle ». « On aura entre 12 et 15 sénateurs », avance le responsable du RN. « On sera très haut », ajoute le député, avant d’« aller à la buvette » du Sénat fêter çà. Au final, le groupe RN-UDR compte ce dimanche soir 14 sénateurs. Il ne pouvait pas espérer mieux.
Exposition et moyens supplémentaires
Reste que le RN pourrait être le plus petit groupe de la Haute assemblée. Mais pour le parti d’extrême droite, le simple fait d’en avoir un sonne comme une victoire. A sept mois de la présidentielle, c’est pour Marine Le Pen un symbole qui éclipse les résultats des LR ou de la gauche dans ce scrutin. Si les sénatoriales et la présidentielle sont totalement décorrélées, certains y verront un signal positif. A une autre échelle, en 2011, la gauche avait réussi à prendre le Sénat à la droite. Une bascule qui avait été le prélude à la victoire de François Hollande, en 2012.
Avec ce nouveau groupe, les conséquences ne sont pas que symboliques. Car un groupe, ce sont aussi, et surtout, des moyens : des locaux – « il faut pousser les murs », confiait cet été un haut responsable de l’institution – des moyens financiers publics pour embaucher des collaborateurs, plus de visibilité avec les questions d’actualité au gouvernement, du temps de parole lors des débats dans l’hémicycle, un poids politique qui permet d’être force de négociation sur les textes, une commission d’enquête de leur choix par an… De quoi peser dans le débat public.