Augmentation du SMIC : « Dans cette dynamique d’augmentation de l’inflation, il faut que les salaires puissent suivre », affirme Marylise Léon 

Invitée de la matinale de Public Sénat, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, défend la nécessité d’augmenter les salaires au-delà de l’inflation. Par ailleurs, la représentante de la CFDT ouvre la porte à une part de capitalisation pour les retraites.
Henri Clavier

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C’est l’un des résultats mécaniques de l’augmentation de l’inflation, le SMIC va augmenter, ce lundi 1er juin de 2,4 % pour atteindre 1 477 euros net. Concrètement, cette augmentation du SMIC est directement liée à l’augmentation de l’inflation liée à la guerre au Moyen-Orient. « C’est un mécanisme automatique qui veut dire qu’il y a de l’inflation », note Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT qui considère que cela « n’est pas suffisant » pour répondre aux besoins des salariés. 

« Les personnes qui sont au SMIC ont de plus en plus du mal à boucler leurs fins de mois » 

Par ailleurs, la CFDT s’inquiète de la progression du nombre de salariés au SMIC. « Les personnes qui sont au SMIC ont de plus en plus du mal à boucler leurs fins de mois et sont beaucoup plus nombreuses », pointe la secrétaire générale de la CFDT. Pour répondre aux difficultés liées au pouvoir d’achat, le syndicat réformiste prône des négociations salariales dans chaque branche. « Dans cette dynamique d’augmentation de l’inflation, il faut que les salaires puissent suivre, donc il faut beaucoup plus de négociations salariales », avance Marylise Léon. 

Le syndicat veut aussi alerter sur certains effets pervers de cette augmentation et notamment pour certains fonctionnaires de catégorie C dont le coefficient passera en dessous du SMIC. « Aujourd’hui, cette augmentation du SMIC fait qu’il y a 10 coefficients de catégorie C sous le SMIC », explique Marylise Léon pointant les conséquences sur la progression des salaires. Après avoir adressé, jeudi 28 mai, une lettre au Premier ministre pour revaloriser le point d’indice des fonctionnaires, la secrétaire générale de la CFDT assure ne pas avoir reçu de réponse à ce stade. 

« Ce n’est pas forcément tabou pour la CFDT d’avoir une part de capitalisation »

La CFDT devrait également avoir l’occasion d’échanger avec le gouvernement sur le sujet des retraites, à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Pour rappel, le gouvernement de Sébastien Lecornu a suspendu jusqu’en 2028 l’application de la réforme de retraites adoptée en 2023. « Nous voulons défendre l’idée d’un régime à la carte », avance Marylise Léon. Une formule qui n’exclurait pas, selon la secrétaire générale de la CFDT, la possibilité d’inclure une part de retraite par capitalisation. La retraite par capitalisation, notamment proposée par Gabriel Attal, permet notamment à chaque actif de constituer une épargne pour sa propre retraite. 

« Ce n’est pas forcément tabou pour la CFDT d’avoir une part de capitalisation », assure-t-elle. Malgré cela, Marylise Léon assure que la défense du système de retraite par répartition demeure « fondamentale ».

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