Paris : Session of questions to the government at National Assembly

Carburants :  le gouvernement s’apprête à « changer d’échelle » sur les dispositifs de soutien

Alors que la flambée des prix des carburants est en train de s’ancrer dans la durée, Sébastien Lecornu annonce que le gouvernement va revoir d’ici la semaine prochaine les dispositifs d’aides déployés pour certains secteurs. L'exécutif espère encore parvenir à protéger le pouvoir d'achat des plus fragiles et l'activité économique sans dévier de son cap budgétaire.
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Face à l’enlisement de la crise au Moyen-Orient, l’exécutif contraint de revoir sa politique de soutien. Le gouvernement s’exprimera « en début de semaine prochaine » pour « changer d’échelle » et « adapter » ses dispositifs d’aides à l’activité économique, alors que la flambée des prix des carburants se prolonge, a annoncé mardi Sébastien Lecornu. « La géopolitique est rentrée dans le réservoir de carburant des Françaises et des Français, et ne va pas en sortir maintenant », a reconnu le Premier ministre lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Jusqu’à présent, l’exécutif misait sur des mesures ciblées dans un contexte budgétaire particulièrement tendu. « On peut tenir ce cap » du soutien à l’activité « mais désormais […], il va falloir changer d’ampleur et d’échelle », a expliqué Sébastien Lecornu. Il répondait à une interpellation du député Marc Fesneau, chef de file du groupe MoDem. « Et donc le gouvernement sera amené à reprendre la parole […] en début de semaine prochaine pour adapter l’ensemble des dispositifs au soutien à l’activité et à l’économie », a-t-il ajouté.

« Ne pas gaspiller l’argent du contribuable »

Le gouvernement a déjà annoncé 380 millions d’euros d’aides, dont une indemnité à venir de 50 euros, destinée à trois millions de « travailleurs modestes et grands rouleurs ». Il a déjà accru son soutien aux pêcheurs et aux agriculteurs, et élargi ses aides à d’autres secteurs comme le bâtiment et les taxis et VTC.

« Si on veut soutenir la croissance, si on veut soutenir le pouvoir d’achat, si on veut faire en sorte de ne pas gaspiller l’argent du contribuable n’importe comment, en promettant des baisses de taxes complètement illusoires aujourd’hui pour mieux voter des augmentations d’impôts à l’automne, il faut tenir ce cap qui est le soutien à l’activité », a insisté Sébastien Lecornu.

« Dire que Total ne paye aucun impôt, ça s’appelle un mensonge »

Par ailleurs, le gouvernement prévoit d’effectuer un point « tous les dix jours » sur les surplus fiscaux générés par la hausse des prix des carburants – 190 millions sur mars-avril -. « Le meilleur antidote aux fantasmes et aux mensonges, c’est la transparence », a-t-il martelé. Le chef du gouvernement s’est engagé la semaine dernière à ce que ces sommes soient intégralement fléchées vers les aides aux secteurs les plus touchés.

Côté distributeurs, Sébastien Lecornu a admis « que l’on peut avoir un débat sur la redistribution des richesses de TotalEnergies », mais il a de nouveau averti contre le « Total-bashing », alors que le géant des hydrocarbures est la cible de nombreuses critiques après avoir affiché des bénéfices record au premier trimestre 2026. « Total paye déjà des impôts. […] 2 milliards d’euros de prélèvements obligatoires. […] Dire aux Françaises et aux Français que Total n’en paye aucun ça s’appelle un mensonge », a épinglé le Premier ministre.

Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau avait affirmé lundi que s’il fallait taxer les surprofits des groupes énergétiques, comme le demandent certains partis politiques, cette mesure devrait être ciblée et « temporaire ». Malgré une croissance nulle au premier trimestre et une inflation passée de 1,1 % sur un an en février à 2,5 % en avril, il estime que la France devrait « éviter la récession » les deux prochaines années.

(Avec AFP)

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