Accord Etats-Unis / Iran : « Ça va se répercuter à la pompe très vite », promet le ministre Serge Papin, après la nouvelle décrue sur le marché du pétrole

Invité de Public Sénat, le ministre chargé des PME estime que l’on est « en train de tourner la page » d’un « épisode de crise », après la signature mercredi soir du protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran. Il se dit optimiste pour la croissance française. « On sent que la reprise est en route », affirme-t-il.
Rédaction Public Sénat

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Bercy non plus ne s’attendait pas à une accélération du calendrier. Les présidents américain et iranien ont tous les deux signé à distance mercredi soir le protocole d’accord dans lequel Téhéran s’engage à rouvrir immédiatement le détroit d’Ormuz et, dans le cadre de futures négociations, à diluer son uranium enrichi en échange de la levée des sanctions internationales. La signature était initialement prévue vendredi. « Le Docusign de Versailles, c’est quand même quelque chose », a réagi ce matin sur Public Sénat, Serge Papin, le ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat.

Conséquence de cette validation, les cours du brut ont poursuivi leur recul sur les marchés mondiaux ce jeudi. Les prix ont déjà commencé à diminuer dans les stations-service, le gasoil étant par exemple sous la barre psychologique des deux euros le litre. « On voit que les prix baissent petit à petit. J’espère qu’ils vont baisser encore plus, donc effectivement ça va se répercuter à la pompe très vite », a assuré le ministre. 

Serge Papin a rappelé que ses services disposaient d’outils pour « surveiller » que le recul du prix du baril se répercuterait bien en aval. « Le meilleur instrument pour la surveillance des prix est que les consommateurs puissent regarder les stations qui sont les moins chères », a-t-il rappelé, en référence au site carburants.gouv.fr. « On a un baromètre qui est produit chaque semaine qui mesure les marges. Et là, on voit qu’il n’y a pas eu du tout d’effet d’aubaine », a-t-il également souligné, rappelant la vigilance des services de la répression des fraudes. Au lendemain d’une nouvelle réunion avec les distributeurs de carburant au ministère de l’Economie, il a affirmé que ces derniers avaient « vraiment envie de jouer le jeu ».

« On a  une bonne nouvelle à la veille des vacances »

L’arrêt des hostilités et la réouverture du détroit d’Ormuz devrait être un signal positif pour l’activité, espère le ministre en charge du tourisme, secteur clé de l’économie française. « Je pense qu’on quitte un épisode de crise […] On peut tourner la page et repartir en toute confiance. On a une bonne nouvelle à la veille des vacances », a-t-il salué. « On peut quitter l’attentisme […] Tout le monde était un peu les pieds sur le frein au niveau de l’investissement, au niveau de l’emploi, les consommateurs aussi », a-t-il relevé.

Pour le ministre, « la reprise est en route ». Selon lui, la saison touristique s’ouvre « sous de bons augures ». La note de conjoncture inquiétante de la Banque de France n’a pas entamé son optimisme. L’institution, désormais présidée par Emmanuel Moulin, a nettement révisé à la baisse sa prévision de croissance annuelle pour la France, de 0,9 à 0,5 % du PIB. « L’an dernier, quand on parlait de la croissance à la même époque, on était à 0,6 %. On a fini à 1 % », a-t-il rappelé. 

Sur le front de la consommation, l’ancien président-directeur général de Système U s’est aussi voulu rassurant, assurant qu’il n’y avait « pas d’inflation » au niveau de l’alimentaire. « Ils ont envie surtout de reprendre de l’activité », a-t-il estimé. Selon la dernière enquête de l’Insee, les prix des produits alimentaires ont progressé de 1,2 % en mai, en rythme annuel. La hausse est de 4,1 % pour les produits frais, et de 0,8 % pour les autres denrées. L’inflation générale est estimée à 2,4 %.

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