Prix des carburants : Sébastien Lecornu s’engage à réaffecter « chaque euro de surplus de fiscalité aux mécanismes d’aides directes »

Sébastien Lecornu a pris un engagement ferme ce mercredi devant le Sénat : l'intégralité des surplus fiscaux liés à la hausse des prix des carburants sera réinjectée dans les dispositifs d'aide. En chiffrant cette « cagnotte » à 170 millions d'euros, le Premier ministre entend aussi balayer l'idée d'un État « profiteur de crise ».
Romain David

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Le Premier ministre s’est engagé ce mercredi à réinjecter les rentrées fiscales issues de la crise au Moyen-Orient dans les dispositifs de soutien mis en place depuis plusieurs semaines pour les plus précaires et certains secteurs. « Chaque euro de surplus de fiscalité prélevé sur les Français à la pompe va être affecté aux mécanismes d’aide directe que nous mettons en place », a promis Sébastien Lecornu durant la séance de questions d’actualité au gouvernement du Sénat. Il a expliqué vouloir mettre « derrière lui l’idée délétère pour la République que l’État serait en train de profiter de la crise. »

Quelques minutes plus tôt, le chef du gouvernement avait été interpellé par Patrick Kanner, le président du groupe socialiste, celui-ci fustigeant l’absence de mesures efficaces pour protéger le pouvoir d’achat des Français modestes face à l’envolée des prix à la pompe. « L’enlisement de la guerre au Moyen Orient a mis le feu aux poudres, mais cette poudre, vous l’avez accumulée depuis neuf ans », a taclé le socialiste, dénonçant, pêle-mêle, « des politiques salariales indigentes, le creusement des inégalités, l’aggravation de la pauvreté dans notre pays, et l’assèchement les leviers financiers de l’Etat ».

« Des chiffres surréalistes »

« La suspicion s’installe en se disant, à chaque fois qu’on va à la pompe, lentement mais sûrement, que l’on remplirait les caisses de l’Etat », a déploré Sébastien Lecornu. Il a pointé du doigt « l’extrême droite qui introduit de plus en plus l’idée que le grand gagnant de cette crise serait l’Etat. »

Il a voulu dénoncer « les chiffres surréalistes qui circulent ici ou là ». « Le fameux surplus, que d’aucuns qualifieraient de cagnotte […] du début de cette guerre, fin février – début mars, au 20 avril, est de 170 millions d’euros de fiscalité », a-t-il révélé, voulant ainsi mettre fin aux rumeurs sur un magot caché.

La semaine dernière, l’exécutif a annoncé un renforcement des dispositifs de soutien mis en place à l’attention des secteurs les plus impactés par la crise : les pécheurs, les agriculteurs, les transporteurs et le BTP. Une ristourne forfaitaire, équivalente à 20 centimes par litre, a également été déployée pour les travailleurs modestes qui utilisent leur voiture dans le cadre de leurs activités professionnelles. Auditionnée par le Sénat mardi soir, la ministre chargée de l’Energie Maud Bregeon a laissé entendre que ces différents dispositifs pourraient être révisés dans les prochaines semaines face à une crise qui s’installe dans la durée.

Emmanuel Macron a appelé mercredi en Conseil des ministres le gouvernement à réfléchir à de « nouvelles réponses ». Les représentants des secteurs concernés doivent être reçus par leurs ministres de tutelle « pour apporter et construire avec eux d’éventuelles nouvelles réponses d’appui à la trésorerie d’une part, réponses ciblées d’autre part pour anticiper les semaines à venir ».

La réponse de TotalEnergies

TotalEnergies redistribue déjà ses « profits » aux consommateurs à travers le plafonnement du prix des carburants que la compagnie dit vouloir poursuivre, a fait savoir la multinationale auprès de l’AFP, en réponse aux propos du Premier ministre.

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