G7 Summit 2025, Mountain Lodge, Kananaskis, Canada – 17 Jun 2025
Les chefs d'État et de gouvernement réunis au G7, l'an passé, au Canada. (Photo: Michael Kappeler / Pool)

Accord Iran-États-Unis, guerre en Ukraine, déséquilibres économiques… Quels sont les enjeux du G7, qui débute ce lundi à Evian ?

Les dirigeants de sept des plus grandes puissances mondiales se réunissent à Evian-les Bains (Haute-Savoie) jusqu’à mercredi, pour un G7 sous présidence française percuté par l’annonce d’un accord entre les États-Unis et l’Iran. La guerre en Ukraine et les déséquilibres économiques avec la Chine sont également à l’ordre du jour des discussions. Tour d’horizon des principaux enjeux.
Christian Mouly

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Nouveau rebondissement à quelques heures du G7. Le sommet réunissant à partir de lundi les dirigeants de sept des plus grandes puissances de la planète – Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Grande-Bretagne – prend une autre dimension avec l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient. L’annonce chamboule quelque peu la programmation, suspendue depuis plusieurs semaines déjà aux humeurs et gesticulations diplomatiques de Donald Trump.

L’événement, qui se tient sous la présidence française d’Emmanuel Macron à Evian-les Bains, sur les rives du lac Léman, a ainsi dû être repoussé d’un jour pour permettre au président de fêter dimanche ses 80 ans à la Maison-Blanche, transformée en arène de MMA pour l’occasion. Attendu lundi après-midi en Haute-Savoie, son séjour en France se prolongera mercredi dans la soirée, après la fin du sommet, pour un dîner à Versailles.

Suffisant pour le retenir de claquer la porte avant la fin des discussions, comme il l’avait fait l’an passé lors de l’édition canadienne ? Donald Trump avait alors refusé de signer la déclaration commune, document non-contraignant qui fixe les orientations politiques partagées en conclusion de chaque G7. Outre les sept puissances signataires, sont conviés les responsables de plusieurs organisations internationales, dont l’UE, et les dirigeants de plusieurs pays (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

Dans ce contexte, difficile pour l’organisation française d’imposer son ordre du jour. « Nous avons deux catégories de sujets à traiter : des sujets de fond, qui sont véritablement structurants pour l’actualité internationale, et des sujets d’actualité, de crise, qui, par définition, nécessitent davantage d’agilité et ne peuvent être entièrement prévus à l’avance », résume-t-on à l’Elysée.

Ces derniers, à commencer par la situation au Moyen-Orient et l’enlisement du conflit en Ukraine, seront au centre des débats, alors qu’Emmanuel Macron a voulu faire du sujet des déséquilibres économiques mondiaux un axe majeur du sommet. Tour d’horizon des principaux enjeux de ces trois jours de rencontre.

  • Les suites de l’accord Iran-États-Unis

Salué dans l’ensemble par la communauté internationale, l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran doit être officiellement paraphé à Genève vendredi. Mais les questions restent nombreuses quant aux contours exacts du compromis et devraient faire l’objet de vifs débats. Un déjeuner de travail a été programmé à ce sujet, mardi, en présence des dirigeants de l’Egypte, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l’Arabie saoudite, fortement impactés par les frappes iraniennes.

L’objectif du G7 « sera de voir les conséquences » du cessez-le-feu annoncé dimanche, de discuter de « la réouverture d’Ormuz dans la durée » et de « la conclusion d’un accord sur le nucléaire et le balistique en Iran », a déclaré Emmanuel Macron dans une vidéo postée sur X.

Point de passage de 20 % des volumes mondiaux d’hydrocarbures, le détroit d’Ormuz est particulièrement surveillé par les sept puissances. Il sera donc beaucoup question de la proposition d’Emmanuel Macron d’activer une mission internationale franco-britannique pour accompagner sa réouverture et sa sécurisation du détroit d’Ormuz. Sur TF1, le chef de l’État s’est dit prêt lundi à intervenir très rapidement une fois l’accord formellement signé. Dans tous les cas, les opérations de déminage pourraient prendre quelques jours, voire plusieurs semaines.

Par ailleurs, cette réouverture doit être « inconditionnelle », a martelé Emmanuel Macron, alors qu’une forme de droit de passage aurait été ajoutée à l’accord au dernier moment, rapporte l’agence iranienne Fars.

Autre point d’alerte concernant l’accord : le refus d’Israel de baisser les armes face au Hezbollah libanais. Le ministre de la Défense de l’État hébreu a encore affirmé ce lundi matin qu’il ne retirera pas ses troupes du Liban, quand bien même les Etats-Unis assurent que l’accord s’applique aussi à ce front du conflit. La France se veut particulièrement vigilante sur le respect de cet aspect de l’accord.

  • Une réponse décisive à la guerre en Ukraine ?

Autre dossier majeur : la guerre en Ukraine, qui s’enlise après l’échec des multiples rounds de négociations organisés à l’hiver sous l’égide américaine. Pour son ultime G7, Emmanuel Macron espère enfin obtenir de Donald Trump une posture plus à l’écoute de Kiev, et moins de Vladimir Poutine.

Invité, le président ukrainien Volodymyr Zelensky devrait rencontrer mardi son homologue américain et lui réitérer son appel à mettre « davantage de pression sur l’agresseur », après les frappes meurtrières menées par la Russie qui ont fait au moins neuf morts et incendié une cathédrale historique à Kiev.

Au cœur des débats : la proposition de Volodymyr Zelensky lui-même d’organiser une rencontre directe entre Kiev et Moscou pour trouver une solution durable au conflit. Une initiative soutenue par les dirigeants européens, mais balayée jusque-là par le pouvoir russe. L’enjeu sera donc de s’entendre sur les paramètres et les conditions de ce dialogue, de manière à ne pas laisser l’Ukraine négocier en position de faiblesse.

  • Déséquilibres commerciaux avec la Chine

C’est la thématique que la France veut imposer comme priorité numéro 1 à Evian : les déséquilibres économiques qui menacent la stabilité mondiale. « Certains produisent trop ou exportent trop. D’autres consomment trop et ne produisent pas assez. D’autres encore épargnent trop et ne produisent pas assez. Et donc, il nous faut rééquilibrer tout cela », précise-t-on à l’Élysée.

Sans les nommer, il est fait référence aux surplus de production chinois, qui s’écoulent en Europe et aux Etats-Unis, gonflant année après année l’excédent commercial des Occidentaux et renforçant leur dépendance industrielle à la Chine. Pékin ne fera pas le déplacement à Evian mais a participé, jeudi, à une visioconférence sur la « coopération économique » avec le G7, manière d’afficher une volonté de coopération plutôt que de confrontation.

Il s’agit de dire à la Chine : « Soyez plus réglo avec les aides aux entreprises et relancez votre marché intérieur », au lieu d’exporter massivement, a résumé sur X Emmanuel Macron. Pékin est accusé de soutenir massivement ses entreprises pour inonder le marché européen de marchandises très peu chères. Les discussions relatives aux relations commerciales devraient se poursuivre dans un format plus élargi, en décembre, lors du sommet du G20.

  • Minerais critiques, cancer… sept textes pourraient sortir des discussions

Plusieurs sujets sectoriels vont aussi faire l’objet de réunions. Au total, sept communiqués communs devraient paraître au terme du G7, soit autant de professions de foi portant sur des thématiques sensibles, comme les minerais critiques, ou plus consensuelles, comme la lutter contre le cancer.

La question des « partenariats stratégiques » occupera également les participants. Il s’agirait de conditionner l’aide au développement apportée par les pays occidentaux à des investissements réalisés par les bénéficiaires dans certains secteurs économiques.

Enfin, un engagement sur un âge minimum pour l’accès aux réseaux sociaux pourrait être pris par l’ensemble des pays conviés, dans le sillage du G7 numérique, qui en a fait une priorité lors de ses travaux fin mai.

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