L’Iran a indiqué mercredi avoir trouvé un accord avec le sultanat d’Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d’Ormuz. Le porte-parole de la diplomatie iranienne cité par l’agence de presse officielle Irna, précisant que les deux pays travaillaient à une « déclaration conjointe », sous réserve que des « parties tierces ne viennent pas entraver le processus ».
La veille, Donald Trump a affirmé que le détroit d’Ormuz rouvrirait « très bientôt » sans quoi l’Iran serait frappé « très fort », et qu’un accord pourrait intervenir d’ici jeudi. « Nous avons de très bonnes discussions », a encore déclaré le président américain, en déplacement en Californie, assurant que Téhéran voulait passer un accord. De nouveau interrogé plus tard alors qu’il montait dans son avion Air Force One en direction de Las Vegas, Donald Trump a estimé que cela pourrait intervenir « demain (mercredi) ou le jour d’après ».
Selon le site Axios, qui cite des « sources régionales », un accord temporaire de 60 jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l’Iran et le sultanat d’Oman. D’après le média américain, l’accord prévoit d’organiser une procédure de passage du détroit pendant 60 jours. Les navires entrants emprunteraient la voie du nord passant dans les eaux iraniennes et les sortants utiliseraient le passage du Sud, situé dans les eaux omanaises. Durant cette période où aucun péage ou droit de passage ne serait demandé, la voie médiane sera déminée.
« L’Iran souhaite mettre en place une gestion commune du détroit avec Oman »
« On ne sait pas vraiment si le détroit d’Ormuz est miné. Selon moi, l’objectif final est de mettre en place une forme de péage ou de droit de passage en échange d’une garantie de sécurité », estime le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU. Le droit international de la mer reconnaît le principe de liberté de navigation, y compris dans les détroits. Néanmoins, le droit international n’exclut pas la possibilité pour un Etat d’exercer sa souveraineté sur une zone, notamment les détroits. Il est également possible d’exiger un droit de passage en échange de services visant par exemple à assurer la sécurité du passage.
C’est notamment le cas dans le détroit de Malacca où l’Indonésie, la Malaisie et Singapour qui assurent la sécurité du passage proposent une contribution financière volontaire aux navires. Le 28 juillet, selon Reuters, les négociateurs omanais auraient proposé un modèle de gestion commun avec l’Iran reprenant les modalités de passage du détroit de Malacca. « L’Iran souhaite mettre en place une gestion commune du détroit avec Oman afin d’en réguler le trafic, dans un mode de gestion similaire à celui du détroit du Bosphore où la Turquie régule le trafic », considère le général Dominique Trinquand.
Des positions qui restent éloignées
Avant le début du conflit entre l’Iran et les Etats-Unis le 28 février, la traversée du détroit s’effectuait librement, une situation à laquelle les Etats-Unis souhaiteraient revenir. Face aux frappes israélo-américaines, la République islamique a fermé le détroit, exigeant alors un droit de passage pouvant atteindre 2 millions de dollars. « Cela fournirait des moyens financiers considérables à l’Iran et renforcerait le pouvoir de Téhéran qui fait face à des difficultés économiques », juge le général Dominique Trinquand.
En cas de conclusion, l’accord temporaire ne devrait pas résoudre la question de la mise en place d’un droit de passage. Ces derniers jours, les pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et le Qatar, ont poussé pour une reprise des négociations. Mardi, Donald Trump et l’émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad al-Thani se sont entretenus par téléphone au sujet des efforts « pour apaiser les tensions » entre Washington et Téhéran et « rapprocher les deux parties », a indiqué l’émirat dans un communiqué.