« À ma place, c’est avec le RN que vous iriez bâtir des compromis ou avec la gauche républicaine ? », lance Sébastien Lecornu à Bruno Retailleau

Attaqué par la droite sénatoriale sur sa méthode, le Premier ministre a assumé de travailler avec une partie de la gauche, plutôt qu’avec l’extrême droite dans un contexte de forte fracturation politique. Lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement, il a appelé Bruno Retailleau, le patron des LR, et Mathieu Darnaud, chef de file des sénateurs de droits, à « une grande clarification ».
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La France, condamnée à la paralysie politique jusqu’à la prochaine présidentielle ? Ce mercredi au Sénat, à l’occasion de la séance de questions d’actualités au gouvernement, Mathieu Darnaud, le président du groupe LR, a vivement interpellé le Premier ministre Sébastien Lecornu, reprochant à son gouvernement « atonie et attentisme ». Citant une série de propositions de loi votées par le Sénat – notamment sur l’objectif de « zéro artificialisation nette ou sur le logement -, mais qui n’ont toujours pas été inscrites à l’ordre du jour à l’Assemblée national, l’élu a voulu dénoncer une série de « renoncements ».

« Ce n’est pas une ligne de défense qu’il n’y ait pas de majorité à l’Assemblée nationale, c’est un état de fait », lui a répondu le chef du gouvernement, pointant notamment du doigt l’attitude d’une partie de la gauche. « Les Français assistent au spectacle désolant d’une obstruction de la France insoumise dont je m’étonne qu’elle ne soit pas davantage dénoncée par les uns et les autres, et sur laquelle nous commençons à nous acclimater », a-t-il regretté.

Avant de s’attaquer à la droite, dont il a pointé du doigt les divisions : « L’alignement bicaméral entre les groupes n’est pas toujours au rendez-vous. Ce n’est pas une critique c’est un constat. »

« J’ai choisi et je l’assume »

« Il y a un éléphant qui est dans la pièce […] : on me reproche beaucoup de travailler avec la gauche républicaine », a reconnu Sébastien Lecornu. « Alors je suis de droite, vous le savez. J’ai été adhérent des Républicains et vous m’avez exclu en 2017 », a-t-il voulu rappeler. « Au fond, vous avez deux solutions possibles quand vous êtes quelqu’un de la droite républicaine. Soit vous regardez la gauche républicaine et vous essayez d’avoir des compromis, soit vous essayez de bâtir un compromis avec le RN. Moi, j’ai choisi et je l’assume », a-t-il lancé.

Avant d’interpeller à son tour les LR sur leur positionnement politique, à l’heure où certains responsables de droite appellent à l’organisation d’une primaire qui irait jusqu’aux zemmouristes : « Président Retailleau, Monsieur le ministre d’Etat, Monsieur le Président Darnaud, si vous étiez à ma place, c’est avec le Rassemblement national que vous iriez bâtir des compromis ou avec la gauche républicaine ? C’est aussi simple que cela et c’est le moment de la grande de clarification. »

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