Ecole maternelle Volontaires, Violences dans le periscolaire, Paris
Credit : Xavier Francolon

Violences dans le périscolaire : le Sénat lance une commission d’enquête à l’échelle nationale

Le Sénat a approuvé mercredi la création d’une commission d’enquête consacrée aux violences commises dans le cadre périscolaire. Portée par la sénatrice Les Républicains de Paris Agnès Evren, qui devrait en être la rapporteure, cette initiative vise à dresser un état des lieux national des dysfonctionnements et à formuler des propositions pour mieux protéger les enfants. Les premières auditions sont attendues avant la fin du mois de juin, avec des conclusions prévues à l’automne.
Emma Bador-Fritche

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Une enquête parlementaire pour faire la lumière sur les violences. Depuis le début de l’année 2026, 132 animateurs du périscolaire ont été suspendus à Paris, dont 52 à la suite de suspicions de violences sexuelles, a révélé Emmanuel Grégoire. Dans ce contexte, le Sénat a donné son feu vert à la création d’une commission d’enquête consacrée aux violences commises dans le cadre périscolaire. Portée par la sénatrice de Paris Agnès Evren, cette initiative a pour objectif d’établir, pour la première fois, un état des lieux national des violences subies par les enfants en dehors du temps scolaire. Les travaux de la commission doivent débuter avant la fin du mois de juin. Ils s’appuieront sur de nombreuses auditions et consultations, dont les conclusions sont attendues à l’automne. L’ambition est d’identifier les failles du système d’encadrement périscolaire et de formuler des recommandations concrètes pour renforcer la protection des mineurs.

Pour mener cette mission, la commission de la culture du Sénat sera investie des pouvoirs d’une commission d’enquête. Toute personne dont l’audition sera jugée nécessaire pourra ainsi être convoquée et devra répondre à cette convocation, sous peine de sanctions pénales. Les témoins seront entendus sous serment et les sénateurs disposeront également de pouvoirs de contrôle sur pièces et sur place afin de recueillir les éléments nécessaires à leurs investigations.

« Il faut sortir du cadre parisien »

Si plusieurs affaires récentes ont mis en lumière des dysfonctionnements à Paris, Agnès Evren assure que la démarche dépasse largement les frontières de la capitale. « Il faut sortir du cadre parisien », expliquait-elle récemment sur Public Sénat, évoquant également des situations signalées à Marseille, Lyon ou Bordeaux. Selon la sénatrice, la commission devra examiner l’ensemble du dispositif d’encadrement périscolaire à l’échelle nationale afin d’identifier les lacunes dans les procédures de contrôle et de prévention.

Parmi les pistes envisagées figurent un renforcement de la formation des animateurs ainsi que la généralisation de contrôles d’honorabilité plus stricts pour les personnels intervenant auprès des enfants. « Il faut réorganiser et faire en sorte que les animateurs soient formés et qu’il y ait des contrôles d’honorabilité », plaide-t-elle.

Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire…

La future rapporteure prévient que la commission entendra l’ensemble des acteurs concernés. Responsables administratifs, associations, professionnels de l’animation mais aussi élus locaux pourraient être auditionnés dans le cadre de ces travaux.

Dans ses précédentes prises de parole, Agnès Evren avait dénoncé « une omerta absolue » autour des violences sexuelles dans les écoles parisiennes et mis en cause la responsabilité politique de la municipalité. Les auditions pourraient ainsi concerner plusieurs responsables, parmi lesquels l’ancienne maire de Paris Anne Hidalgo ou encore Emmanuel Grégoire, son successeur.

Un appel à un travail rigoureux et dépassionné

Au Sénat, plusieurs élus insistent toutefois sur la nécessité de conduire ces investigations dans un esprit de responsabilité et non de confrontation politique.

La sénatrice socialiste de Paris Colombe Brossel, membre de la commission de la culture, estime que « toute la lumière doit être faite sur toutes les violences faites aux enfants ». Selon elle, l’émotion suscitée dans le pays après le décès de la jeune Lyhanna doit permettre d’améliorer durablement les dispositifs de protection.

« Les commissions d’enquête permettent de poser des diagnostics et de faire des propositions », souligne-t-elle, tout en rappelant que « ce n’est pas uniquement la juxtaposition de commissions d’enquête qui permettra de faire avancer les choses ». Pour la sénatrice, l’enjeu est de construire des politiques publiques plaçant les victimes au cœur du dispositif de protection.

Colombe Brossel dit également espérer que les travaux se dérouleront loin de toute logique partisane. « Le travail de recoupement, méticuleux, qui nécessite plusieurs mois d’investigation, c’est ce qui fait l’intérêt des conclusions qui en ressortent » affirme-t-elle.

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