Au Sénat, Claude Malhuret récidive et fustige « la cour des miracles » de Donald Trump

Déjà remarqué pour ses formules cinglantes sur Vladimir Poutine, le président du groupe Les indépendants au Sénat, Claude Malhuret a de nouveau marqué la chambre haute, mercredi 25 mars, avec un discours virulent sur Donald Trump lors d’un débat sur le Moyen-Orient.
Emma Bador-Fritche

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Un mois après le déclenchement du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, le Sénat débattait ce mercredi 25 mars de la position française dans le cadre d’un débat prévu par l’article 50-1 de la Constitution. Si le gouvernement a défendu une ligne de non-participation militaire, c’est surtout l’intervention du sénateur Claude Malhuret qui a retenu l’attention de l’hémicycle, tant par sa tonalité que par la force de ses propos. Habitué des prises de paroles remarquées, l’élu n’en est pas à son coup d’essai. Le 4 mars dernier, son discours sur l’Ukraine, dans lequel il comparait Washington à « la cour de Néron » et Elon Musk à « un bouffon sous kétamine » avait largement circulé, bien au-delà des frontières françaises.

« Un fou dangereux » et « la cour des miracles »

Dès les premières minutes, Claude Malhuret établit un parallèle entre l’invasion de l’Ukraine en 2022 et la guerre actuelle : dans les deux cas, « un fou dangereux » aurait allumé « une mèche » aux conséquences mondiales. Mais c’est surtout sa charge contre Donald Trump qui fait mouche. « Je me trompais : ce n’est pas la cour de Néron, c’est la cour des miracles », lance-t-il, avant de dresser un portrait au vitriol de l’administration américaine. Ministres décrits comme incompétents, président accusé de conflits d’intérêts massifs : le sénateur dénonce une politique étrangère guidée par l’improvisation et les intérêts privés. Il appuie son propos d’un proverbe turc : « Quand un clown s’installe dans un palais, il ne devient pas roi. C’est le palais qui devient un cirque. »

Une guerre « sans stratégie »

Sur le fond, Claude Malhuret critique une intervention militaire dépourvue de cap clair. Il énumère les justifications successives avancées par Washington : menace nucléaire, changement de régime, alignement sur Israël, pour mieux en souligner l’incohérence. « Il n’y a pas de stratégie », tranche-t-il, dénonçant également des conséquences « passées par pertes et profits », notamment pour la population iranienne. Il raille aussi la communication américaine, évoquant « la première négociation internationale où une des parties découvre qu’elle négocie en regardant le journal télévisé », après l’annonce prématurée de discussions avec Téhéran. Le sénateur poursuit avec une image marquante : « Trump, le seul éléphant au monde qui se promène avec son propre magasin de porcelaine. » Selon lui, les États-Unis sont désormais enfermés dans une impasse : soit un retrait « piteux », soit une escalade militaire promise à l’enlisement, comme au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan.

« On ne peut stopper un désastre avec de belles phrases »

Au-delà des États-Unis, Claude Malhuret s’inquiète de la faiblesse de la réponse européenne. Les appels au calme ne suffisent plus, estime-t-il, face à une crise de cette ampleur. « On ne peut stopper un désastre avec de belles phrases », lance-t-il, appelant à un réveil stratégique du continent. S’il salue l’effort annoncé par le gouvernement sur la loi de programmation militaire, Claude Malhuret met en garde contre les dérives à venir dans le débat politique national. À l’approche de l’élection présidentielle, il redoute « la démagogie des deux extrêmes » et pose une question centrale : comment convaincre les Français de la nécessité d’un effort simultané sur la défense et les finances publiques ?

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