Après une semaine de tractations intenses au Sénat, les effectifs des groupes politiques ont été publiés ce lundi 5 octobre. Sans surprise, Les Républicains restent le premier groupe du Sénat avec 124 sénateurs sur 348, mais enregistrent une perte de 7 élus. Ils conservent la majorité avec le groupe Union centriste et indépendants. Le groupe présidé par Hervé Marseille, au coude-à-coude avec le groupe socialiste, devient d’ailleurs le deuxième groupe du Sénat en termes d’effectif avec 63 sénateurs et enregistre un gain de quatre élus. L’ancien président de la région PACA, Renaud Muselier, pourtant encarté chez Renaissance, siégera dans les rangs du groupe UCI.
Le groupe socialiste, dirigé par Patrick Kanner, chute donc d’une place pour devenir le troisième groupe du Sénat avec 62 sénateurs contre 64 sénateurs avant les élections du 27 septembre 2026.
A signaler également, le groupe Les Indépendants recule nettement et comptera 15 sièges contre 20 auparavant. La tentative de putsch au groupe Les Indépendants a laissé des traces. Si Claude Malhuret reste à la tête de ce groupe composé en partie de sénateurs Horizons, il perd plusieurs membres dans la bataille. Les frondeurs sont partis pour une bonne part au groupe Union centriste, rebaptisé pour l’occasion Union centriste et indépendants… Le meneur de la fronde, le sénateur Horizons Louis Vogel, qui a été en discussion pour former un nouveau groupe avec des sénateurs Nouvelle énergie, avant que l’opération n’échoue, fait son arrivée au groupe centriste, aux côtés notamment d’Alain Marc. Dany Wattebled et Marie-Claude Lermytte, qui étaient au groupe Les Indépendants, rejoignent pour leur part le groupe RDSE.
Annoncé en recul à l’issue des sénatoriales, le groupe RDSE progresse donc légèrement et atteint un total de 18 sénateurs. Un résultat qui les place ex aequo avec le groupe communiste. Le groupe RDPI compte lui 16 sénateurs.
Le neuvième groupe du Sénat, celui du RN et de l’UDR, baptisé Union nationale pour les territoires, enregistre finalement 15 membres, soit autant que les Écologistes et les Indépendants.
Un poids déterminant pour les postes clés
Concrètement, cette modification des rapports de force au sein du Palais du Luxembourg pourrait avoir un impact direct sur la répartition de certains rôles clés du Sénat. Notamment pour la composition du Bureau du Sénat où les groupes bénéficient d’une représentation proportionnelle à leur poids au sein de la chambre haute. Au total, le Bureau regroupe 8 vice-présidents, 3 questeurs et 14 secrétaires. Selon l’article 2 bis du règlement du Sénat, les postes de questeurs et de vice-présidents sont d’abord attribués.
Ainsi, l’effectif des groupes détermine la possibilité ou non d’obtenir un poste de vice-président. Les partis de la majorité sénatoriale obtiendront deux postes de vice-présidents et un poste de questeur chacun. Les groupes communistes, RDPI, socialiste et RDSE auront également une vice-présidence chacun. Les trois derniers groupes en termes d’effectif ne devraient donc pas obtenir de vice-présidence.
Grâce à l’augmentation de son groupe dans la dernière ligne droite du mercato, l’UCI devrait désormais bénéficier d’une question d’actualité au gouvernement supplémentaire, aux dépens des socialistes.
(Avec François Vignal)