Maduro Arrival in Manhattan

Venezuela : après la réaction d’Emmanuel Macron, les parlementaires communistes réclament un débat 50-1 sur la position de la France

Dans un courrier adressé à Sébastien Lecornu, députés et sénateurs communistes fustigent la première réaction du chef de l’Etat sur X, après l’intervention américaine au Venezuela, revenant selon eux à « accepter la stratégie de Donald Trump ». Ils réclament la tenue d’un débat et un vote au Parlement sur la position de la France.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les parlementaires communistes demandent au gouvernement de clarifier sa position sur le Venezuela et appellent à la tenue d’un débat parlementaire. Dans un courrier adressé au Premier ministre, députés et sénateurs PCF dénoncent l’intervention américaine au Venezuela, qui a abouti, dans la nuit de vendredi à samedi, à l’arrestation du président Nicolas Maduros et de son épouse. « Ces exactions, décidées et conduites par l’administration du président Donald Trump et la justice américaine, doivent être clairement condamnées comme telles par la France », écrivent les élus.

Dans leur ligne de mire : la réaction d’Emmanuel Macron qui a suscité de nombreuses critiques, en particulier à gauche de la classe politique. Dans un message posté sur X, le chef de l’Etat a passé sous silence la violation du droit international et de la charte de l’ONU que constitue l’intervention américaine. Prenant acte de la chute de Nicolas Maduro, il a appelé à une transition « pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien ». Lundi matin, en Conseil des ministres, le chef de l’Etat a néanmoins nuancé sa position, indiquant que la France « n’approuvait pas la méthode » utilisée par Washington pour renverser le président vénézuélien.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a fait preuve d’une plus grande fermeté en affirmant que cette action militaire éclair « contrevenait au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international », accusant du même coup les Etats-Unis de jouer avec « la sécurité du monde ».

Un débat selon l’article 50-1 de la Constitution

Les communistes reprochent au président français « d’accepter la stratégie américaine », à rebours de la position française traditionnelle « de défense du droit international et des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Aussi demandent-ils à Sébastien Lecornu une consultation du Parlement, conformément à l’article 50-1 de la Constitution, « sur la position et le rôle de la France dans la crise internationale ouverte par l’administration de Donald Trump. »

L’article 50-1 de la Constitution permet au gouvernement d’organiser un débat avec les parlementaires sur un sujet déterminé. Ce débat peut être l’occasion d’une déclaration de la part de l’exécutif, suivie d’un vote qui n’a qu’une valeur consultative, c’est-à-dire qu’il n’engage pas la responsabilité du gouvernement. Le dernier débat consultatif organisé au Parlement, à l’initiative du Premier ministre, s’est tenu les 10 et 15 décembre. Il concernait l’augmentation de budget alloué à la défense malgré l’effort de redressement des comptes publics, une initiative largement approuvée par les députés et les sénateurs au vu du contexte sécuritaire sur le continent européen.

Partager cet article

Dans la même thématique

Venezuela : après la réaction d’Emmanuel Macron, les parlementaires communistes réclament un débat 50-1 sur la position de la France
8min

Parlementaire

Loi de programmation militaire : après un imbroglio lors des débats, le Sénat vote un texte amputé de son principal article

Le Sénat a largement adopté l’actualisation de la loi de programmation militaire, mais avec un effort supplémentaire ramené à zéro euro. C’est la conséquence d’un désaccord entre les sénateurs de droite, qui veulent 50 milliards de plus pour les armées, contre 36 milliards défendus par le gouvernement. Les discussions vont se poursuivre en vue de la commission mixte paritaire.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
4min

Parlementaire

Affaire Lyhanna : Bruno Retailleau réclame l’ouverture d’une commission d’enquête « sur les dysfonctionnements de la justice »

Le sénateur vendéen, également président et candidat des LR pour 2027, souhaite la création d’une commission d’enquête parlementaire autour de l’affaire Lyhanna. Auditionné mardi matin par les sénateurs, le garde des Sceaux a dénoncé les « défaillances graves » qui ont permis au principal suspect, déjà accusé de viol, d’échapper à certaines investigations.

Le

Venezuela : après la réaction d’Emmanuel Macron, les parlementaires communistes réclament un débat 50-1 sur la position de la France
6min

Parlementaire

Carte scolaire : Édouard Geffray veut « renouer avec une politique d’aménagement du territoire par et autour de l’école »

Devant le Sénat, ce jeudi 4 juin, le ministre de l’Éducation nationale a défendu une refonte profonde de la méthode d’élaboration de la carte scolaire du premier degré. Inspirée des travaux d’une mission d’information sénatoriale, l’expérimentation lancée dans 18 départements vise à substituer à une logique annuelle et comptable, une approche territoriale, concertée et pluriannuelle.

Le

Pierre-Edouard Stérin Le cadre juridique français nous a forcé à créer de la complexité
7min

Parlementaire

Audition de Pierre-Edouard Stérin : « Nous n’avons pas obtenu de réponses sur la transparence de ses financements », constate la rapporteure du Sénat

La présidente et la rapporteure de la commission d’enquête du Sénat sur les financements privés de certaines politiques publiques sont restés sur leur faim après avoir entendu Pierre-Edouard Stérin ce jeudi 4 juin. Attendue de longue date, l’audition du milliardaire ultraconservateur sur ses activités de philanthropie n’a pas vraiment permis d’éclairer les interrogations juridiques et financières des élus quant à la galaxie de structures que parraine l’homme d’affaires.

Le