Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
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1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.
Christian Mouly

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L’annonce était attendue à quinze jours du 1er mai. Après avoir enterré un projet de loi élargissant le travail le 1er mai, craignant la censure de la gauche, Sébastien Lecornu a jeté, vendredi, les bases d’un nouveau texte, « plus cadré » et surtout moins explosif. Fini les exceptions à rallonge, l’idée est de « se concentrer avec bon sens et pragmatisme sur les seuls boulangers et fleuristes artisanaux », avait-il promis aux sénateurs mercredi.

Ce sont donc les salariés de ces deux types de commerce, uniquement s’ils sont « artisanaux et indépendants », qui pourront travailler dès « ce 1er mai », a-t-il confirmé ce vendredi. Le travail ne sera autorisé que sur la base du volontariat et moyennant un doublement de la paye. Jusque-là, seul le patron et des membres non-salariés de sa famille pouvaient tenir boutique le 1er mai, unique jour chômé inscrit dans la loi.

Pas de contrôles cette année

Ces dispositions vont être intégrées dans un projet de loi de « sécurisation ». Il devrait rapidement être présenté en conseil des ministres, avant un parcours législatif que le Premier ministre espère moins tumultueux avec ce périmètre resserré.

En attendant son adoption, et pour que la promesse du Premier ministre soit effective dès ce 1er mai, « une instruction sera donnée à l’ensemble des services de l’État pour sécuriser » le travail des boulangers et fleuristes, a assuré Sébastien Lecornu. En clair : aucun contrôle de l’inspection du travail n’est à prévoir cette année.

L’an passé, la verbalisation de plusieurs boulangers avait relancé le débat et poussé les sénateurs centristes à présenter une proposition de loi, adoptée par la chambre haute en juillet dernier et reprise par les macronistes. Mais syndicats et partis de gauche étaient vent debout contre ce texte. Son passage en force vendredi, par une manœuvre parlementaire, avait valu à l’exécutif des menaces de censure de la gauche, obligeant donc Sébastien Lecornu à l’enterrer.

« C’est ça qui a fait dérailler le train »

« Le drame de notre initiative collective, c’est évidemment que ça allait bien au-delà des boulangeries ou des fleuristes », avait-il admis mercredi devant les sénateurs, regrettant aussi qu’aucune distinction n’ait été faite entre boulangeries industrielles et boulangeries artisanales. Des manquements gommés dans le projet présenté ce vendredi.

« C’est ça qui a fait dérailler le train », a repris le Premier ministre ce vendredi, prenant de la distance avec Gabriel Attal, fervent défenseur de la copie originelle. Il ne faut pas « ouvrir une porte trop large » au travail le 1er mai, a-t-il insisté. Sébastien Lecornu a aussi promis de réunir à nouveau les représentants des fleuristes et boulangers, entre « fin mai et début juin », pour un « point d’étape » visant à tirer le bilan du 1er mai.

De nouvelles aides ciblées pour le carburant

Et de profiter de son intervention devant la presse pour annoncer un nouveau « paquet d’aides » ciblées pour les professions les plus touchées par la flambée des prix du carburant. « Je souhaite qu’on aille un peu plus loin sur certaines professions, comme pour les pêcheurs », a-t-il plaidé, sans plus de précisions. Les annonces en ce sens devraient intervenir début mai.

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