« Il est important que cette campagne aille sur le fond », martèle le porte-parole du Rassemblement national, Aleksandar Nikolic. Malgré la condamnation de Marine Le Pen par la cour d’appel de Paris pour détournement de fonds publics à 15 mois d’inéligibilité et trois ans de prison dont un ferme, le porte-parole du RN se réjouit de la candidature de cette dernière à l’élection présidentielle de 2027. En effet, la triple candidate à la présidence de la République a assuré hier qu’elle serait bien candidate et qu’elle déposerait un pourvoi en cassation.
Le RN joue la montre
« Maintenant, la cassation va juger et le temps de la procédure, Marine Le Pen redevient innocente », rappelle Aleksandar Nikolic. En effet, le pourvoi en cassation de Marine Le Pen devrait suspendre l’arrêt de la Cour d’appel et permettre à la candidate du RN de se présenter et d’éviter de faire campagne en portant un bracelet électronique. Aleksandar Nikolic évoque en effet un délai moyen de 12 à 18 mois pour la Cour de cassation avant de rendre un arrêt. Selon l’AFP, en matière pénale, les délais sont de huit à douze mois.
Le calendrier reste néanmoins incertain et la Cour de cassation pourrait rendre son arrêt plus rapidement qu’à l’habitude. En cas de confirmation de la condamnation, Marine Le Pen pourrait être contrainte, sauf aménagement de la peine, de faire campagne avec un bracelet électronique. « Marine Le Pen avait dit que si elle portait un bracelet électronique elle ne se présenterait pas », rappelle le porte-parole du RN, estimant que cela mènerait la fille de Jean-Marie Le Pen à « couper son lien avec le peuple ».
« Certains vont peut-être essayer d’alimenter cette affaire »
Depuis l’annonce de la candidature de Marine Le Pen, le RN s’échine à minimiser les faits ayant entraîné la condamnation de leur candidate. Pour Aleksandar Nikolic, il n’y a qu’une « différence de point de vue » dans l’interprétation des règles du Parlement européen. Ce dernier insiste également sur l’absence d’enrichissement personnel de Marine Le Pen. Plus globalement, le parti de Jordan Bardella tente d’opposer la décision de justice au choix du peuple. « Certains vont peut-être essayer d’alimenter cette affaire, parce qu’ils sont disqualifiés sur le fond. Les Français auront le dernier mot pour choisir ce qu’ils veulent voir appliquer dans leur vie », avance le porte-parole.
Une stratégie immédiatement dénoncée par les adversaires du RN. Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud a notamment qualifié Marine Le Pen de « délinquante » tandis que le secrétaire général de LR, Othman Nasrou l’a accusé de « prendre la démocratie en otage ». « Nous ne laisserons pas la République dans les mains de gens qui sont profondément corrompus », a aussi réagi Raphaël Glucksmann. En attendant l’arrêt de la Cour de cassation, Marine Le Pen a déjà amorcé sa campagne avec un déplacement dans la Sarthe ce mercredi 8 juillet.